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L’alliance de gestion: Des scissions de plus en plus visibles

claude lise

Sé londjè chimen ka fèw pwen pwoi koton

L’actuel crise sanitaire continue à faire ses dégâts. Nous sommes nombreux a avoir souligné la passivité notre classe politique, et surtout son recul devant les responsabilités. La question de la reprise des activités scolaires, de l’accompagnement des entreprises, bref de la relance de la « Vie » en Martinique n’a pas donné lieu à des initiatives remarquables de la part des collectivités. Nous abordons la fin d’une trilogie débutant par un confinement punitif pour déboucher sur déconfinement infantilisant et pour finalement subir une reprise catastrophique.

La Collectivité Majeure de notre pays semble n’avoir d’existence que dans les éclats de voix de son Président. ou de positions de camps.
Sur la question de la réouverture des établissements scolaires, les approches entre le Président et Mme Saithsoothane, conseillère exécutive chargée des questions scolaires, était divergentes. Cette dernière travaillait d’arrache-pied a une reprise rapide essayant de corriger subtilement les positions fracassantes de son Président. D’une réouverture des établissements scolaires prévue en septembre on en est aujourd’hui à une proposition du 8 juin comme date possible de reprise.

Le récent Comité Technique qui s’est tenu pour la validation du plan reprise des activités de la collectivité s’est illustré par deux abstentions, dont celle de Claude Lise, Président de l’assemblée. Cela ne semble ne pas avoir plu à Marinette Torpille, laquelle avait déjà été épinglée par son chef de Parti Yann Monplaisir pour son inefficacité. Après sa débâcle aux récentes municipales à Schoelcher (712 voix recueillies), elle est certainement à la recherche d’autres voies d’existence.

Le « grand sanblé » se voulait une alliance de gestion composée de compétences et de volontés désintéressées au service du pays Martinique. Malheureusement l’intérêt supérieur de la Martinique n’a pas résisté aux maladies classiques du pouvoir, la cécité et la surdité
Les premiers signes ont été donnés par les interventions tonitruantes du président de l’exécutif dans les plénières de l’assemblée. S’en est suivi la rupture politique de Jean Philippe Nilor avec le MIM, entrainant derrière lui Aurélie Nella et bien d’autres, la prise de distance du président à l’endroit de Yann Monplaisir et les règlements de comptes publics avec Claude Lise. Aujourd’hui, dans ce « gran sanblé » où le désordre s’installe durablement, c’est Marinette Torpille lance sa charge.

Là ou la Martinique a besoin d’une majorité forte et unie pour faire face à la triple crise, sanitaire et économique et bientôt sociale, le groupe au pouvoir continue à se disloquer. Cet échange ci-dessous illustre bien cette ambiance délétère. Il s’agirait d’une réponse de Claude Lise à Marinette Torpille sur le sujet de l’abstention au Comité Technique de la CTM.

Nous avons vérifié l’authenticité de l’auteur.

« C’est Marinette Torpille qui devrait avoir terriblement honte de tenir de tels propos ! A qui fera-toi croire sérieusement que mon abstention lors d’un Comité Technique va paralyser l’activité de la CTM et de ce fait mettre en péril l’économie de la Martinique ? Même si j’avais voté pour, qu’est-ce que ça aurait changé ? Ça aurait modifié le vote unanime déjà exprimé des 10 responsables syndicaux ? Par ailleurs, M. Torpille ne sait pas que le CT ne donne qu’un avis ? Et faut-il lui rappeler le nombre d’avis exprimés en CAP ou dans d’autres instances paritaires que le Président du Conseil Exécutif n’a pas suivis ? Elle ferait mieux de s’interroger sur ses propres responsabilités dans ce qui s’est passé. De prendre conscience du fait que ce sont ses propos, que certains de ses amis ont jugé maladroits, mais que les représentants syndicaux eux ont considéré indécents à l’égard de notre personnel, qui ont créé une ambiance défavorable à tout dialogue constructif.

Elle a certainement contribué à souder dans l’indignation un vote négatif unanime des représentants du personnel.
Je suis, elle le sait fort bien partisan d’une reprise de l’activité, y compris dans les établissements scolaires OÙ CELA EST POSSIBLE. Ce que je demande, c’est que l’on assure correctement et partout la sécurité sur le plan sanitaire de ceux qui veulent reprendre le travail ; et ils constituent une écrasante majorité. Aucun chef d’entreprise ne va croire à la fable ridicule de l’effet délétère de mon vote en CT. Surtout pas ceux qui tous les jours m’appellent pour se plaindre de la lenteur du traitement de leurs dossiers et de la non réponse à leurs courriers.
M. Torpille ose dire que je ne me réveille que maintenant !
Serait-elle sourde et aveugle pour n’avoir jamais entendu ou lu les nombreuses interviews que j’ai donné depuis 3 ans ? Non seulement à des organes de presse locaux mais également hexagonaux (comme la Revue du Parlement par exemple) ? Est-elle amnésique pour ignorer mes interventions devant le groupe majoritaire dès la 1ere année de notre mandature ?
Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a jamais cessé d’être muette, même quand elle a été freinée dans les actions qu’elle voulait entreprendre, même quand elle a subi de véritables humiliations (faut-il lui rappeler le dossier JÉRÉMIE ?).

Elle ose qualifier de honteuse mon attitude ? Ce qui est honteux, c’est son silence devant les pratiques managériales archaïques, inimaginables actuellement dans le secteur privé qu’elle aime tant donner en exemple, et qui
ont de plus en plus démotivé un grand nombre de cadres et agents ; qui ont provoqué la démission de plusieurs de nos meilleurs collaborateurs.
Ce qui est honteux, c’est de n’avoir pas réagi lorsque j’ai été attaqué lors de la dernière plénière pour avoir inscrit en tête de l’ordre du jour l’intervention de 3 présidents de commission sur les problèmes posés par le déconfinement, alors que je l’ai fait à la demande de Yan Monplaisir, au cours d’une réunion de la commission des affaires économiques à laquelle elle assistait et où cette demande a fait l’unanimité.

Ce qui est honteux, c’est de se laisser à ce point imprégner par les autocrates avec lesquels on travaille pour en perdre tout principe démocratique et ne plus admettre l’expression de la plus petite différence d’analyse sur un sujet.
Ce qui est honteux, c’est de se vautrer, par intérêt personnel et à courte vue, dans une allégeance sans nuance au détenteur du pouvoir, quoiqu’il fasse.

Je veux, en terminant, rappeler à Marinette Torpille cette phrase de Jean Jaurès sur le courage :
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »
Il y a longtemps que je suis devenu imperméable aux attaques injustes et malhonnêtes, surtout celles qui s’inscrivent dans les méandres de la politicaillerie.
Et puis, tout au long de ma vie, j’en ai tant vu revenir un jour de leurs erreurs et de leurs errements, souvent meurtris, victimes à leur tour des huées fanatiques et imbéciles de ceux avec lesquels ils avaient un temps fait chorus… »

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