Accueil Politique 22 mai 2020: Victor Schoelcher déboulonné

22 mai 2020: Victor Schoelcher déboulonné

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La destruction des statues de Victor Schoelcher ce 22 mai 2020 marque une étape importante dans l’histoire de la Martinique. Cette date ouvre -t-elle un nouveau chapitre de l’écriture de notre histoire? Nous partageons ici la contribution au débat d’Olivier-Ernest JEAN-MARIE

S’appuyer sur une mémoire partagée pour bâtir une vision ambitieuse de l’avenir

Deux statues de Victor Schoelcher ont été détruites aujourd’hui (22 mai 2020) devant l’Espace Camille Darsières à Fort-de-France et à l’entrée du bourg de Schoelcher en Martinique.

Je constate que Nous (communauté martiniquaise) ne partageons pas (plus?) la même mémoire. Il existe des divergences sur les références historiques que nous devons retenir pour asseoir notre communauté dans le Monde et nous situer dans le temps.
En préambule, je précise que mon intervention n’a pas pour objectif de justifier ou de condamner ces destructions.
Au-delà du jugement moral que nous pouvons porter sur les motivations et les méthodes des auteurs de ces actes, il me semble important, si nous voulons créer ou consolider notre communauté martiniquaise, que nous entamions un devoir de mémoire profond, sincère, participatif et courageux.

Les statues de Schoelcher, de Joséphine et de D’Esnambuc sont régulièrement dégradées… puis furtivement restaurées (à l’exception de celle de Joséphine…), les plaques des rues Gallieni et Blénac sont régulièrement enlevées…puis remplacées discrètement.
Il y a là le signe d’un désaccord profond qui mine la construction d’une communauté martiniquaise sereine et ambitieuse.
Le Nègre Fondamental a exprimé sa pensée sur ces sujets. Celles et ceux qui s’en prévalent défendent qu’il est vain de prétendre effacer l’histoire.
Le verbe du chantre de la négritude nous condamne-t-il à l’obéissance docile et à la répétition respectueuse ?

Nous contenterons-nous de condamner ces actes, de répéter qu’ils sont l’œuvre d’une minorité d’écervelés excités, de commander de nouvelles statues et de nouvelles plaques de rue ou sommes-nous tous prêts à débattre respectueusement, profondément et avec le plus grand nombre des questions qu’ils soulèvent ?
Je suis confiant et optimiste.

Olivier Ernest JEAN-MARIE

Pour approfonfir la réflexion : http://www.oejm.net/actualite/sa-nou-ye/

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Un commentaire

  1. Matinik Chéwi Doudou

    23 mai, 2020 à 11:11

    C’est très intéressant d’un point de vue sociologique. Il s’agit d’actes profondément symboliques à analyser.
    La Martinique en quête de sens et de rétablissement de la vérité (ou de la véritable histoire) qui n’accepte plus l’écriture de l’histoire telle qu’elle est contée par la sphère ex-colonialiste : la fin de l’épopée négationniste et un profond besoin de reconnaissance. Les descendants des esclaves se révoltent pour que soi reconnue la lutte de leurs aïeux.

    Répondre

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