Les députés de Martinique….Et maintenant le casse-tête !

21 juin 2017

Politique

Les députés de Martinique….Et maintenant le casse-tête !

L’Assemblée Nationale monocolore ou presque, est-ce du pain béni pour le Président de la République, quelle stratégie pour les députés martiniquais, s’ils ne veulent pas se faire noyer dans la masse ?
Quel camp choisir, vers quel groupe se diriger ? Il convient d’analyser la situation d’un point de vue national.

Un Président qui contrôle tout
Depuis son arrivée à la présidence de la République, Emmanuel Macron a renforcé l’autorité de l’Élysée sur son gouvernement composé de la gauche, de la droite, et de la société civile. Les ministres sont astreints à une discipline rigoureuse, les contraignant au devoir de loyauté et de réserve. Fini le temps où chacun y allait de ses déclarations aux journalistes dès la sortie du conseil des ministres.
Mais pour combien de temps ?

L’assemblée nationale presque monocolore
Avec 351 députés, le Président de la République marche sur du velours. Est-ce un cadeau empoisonné, quelle place pour les députés de l’Outre-Mer, principalement pour ceux de la Martinique ?

Beaucoup de jeunes et de novices sur les bancs de l’Assemblée Nationale
Si « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », dans l’hémicycle du Palais Bourbon ce n’est plus pareil….Comment va réagir cette jeune génération de députés à la logique de discipline ?
Ce qui est certain, c’est que la France avec Emmanuel Macron, bénéficie d’un crédit remonté, sur le plan international.
Ce qui est moins certain, c’est ce qui viendra de l’intérieur avec des députés nouveaux jeunes pour un très grand nombre et par conséquent novices.
Ce qui est gênant, c’est qu’il s’agit d’élus issus d’une abstention de plus de 57% au plan national, à laquelle il convient d’ajouter plus de 02 millions de votes blancs et nuls, cela fait beaucoup trop.
Elus légitimes : oui ! Mais représentatifs d’une minorité, et c’est gênant.
C’est dans cet imbroglio peu banal que les députés martiniquais devront se déterminer, la situation n’étant guère mieux sur le plan local, elle est pire.

Un tracas immense
A l’assemblée nationale, l’opposition est non seulement faible, mais divisée, et le débat démocratique pourrait en souffrir…..Le peuple a choisi, la démocratie a parlé, il faut continuer !
Toutefois un premier exercice attend le gouvernement avec la réforme de la législation du travail, l’occasion de voir surgir les conflictualités, et la montée en première ligne de l’ensemble des syndicats…..La rue risque de porter un coup terrible à l’euphorie macronienne.
Nul n’ignore en Martinique la position des députés martiniquais, sur cette réforme.
La loi de l’ancien ministre du travail Myriam El Komry adoptée grâce au 49.3 suscite encore de très vives protestations, et des inquiétudes unanimes, auprès d’élus martiniquais en grande majorité, et des centrales syndicales à la Martinique.
On le sait aussi qu’Emmanuel Macron n’a jamais caché que cette réforme est insuffisante. C’est dire comment les prochaines joutes au sein de l’Assemblée risquent d’être âpres, ou alors insipides, avec des prolongements en dehors de l’hémicycle, et peu d’espoir que les amendements soient à l’ordre du jour.
Le gouvernement, en effet, veut faire adopter la réforme par ordonnance au mois de juillet, à la veille des départs en vacances, au moment où l’attention retombe, sauf si le bon sens fait enclencher la marche arrière, sinon…….Pas très fair-play !

Une assemblée qui risque d’être ingérable à moyen terme, pourquoi ?
Parce que l’arrivée de cette vague de nouveaux députés de « La République En Marche » n’est pas anodine, parce qu’elle est comparable à une mode qui séduit……..Et quand on sait que la mode est éphémère…… !!!
Pour contourner cet inconvénient, le Président de la République concentre certains pouvoirs à l’Elysée, en encadrant très sérieusement ses ministres.
Peut-il agir de même avec les élus de « La République En Marche », au Palais Bourbon.
Son prédécesseur François Hollande disposait de la majorité au Sénat et dans les Régions ; il avait les coudées plus franches, ce n’est pas le cas pour l’actuel Président, puisque le Sénat est majoritairement à droite……La suite on la connait, avec cette catastrophe au PS attribuée à François Hollande et à ses différents gouvernements.

Recadrage, mais, d’un groupe restreint
S’il est possible de recadrer les ministres, la tâche est plus compliquée avec 350 députés, pour un grand nombre des novices ou des jeunes. Et même si le Président de la République sort du gouvernement son fidèle lieutenant Richard Ferrand, inquiété dans une affaire de favoritisme, et le désigne régulateur et pompier de service auprès des troupes de « La République En Marche », à l’Assemblée Nationale, l’exercice ne sera pas sans risque.
Certaines indiscrétions font état de l’inquiétude du Président Macron, face à cette situation qui lui est pourtant favorable, situation qu’il aurait qualifiée de « Foutoir », même si cela a été démenti par le porte-parole de l’Elysée.

D’où peut venir l’opposition ?
Elle peut être démocratique au sein de l’Assemblée nationale, facilitant le débat, mais elle risque d’être dans la rue, et cette opposition-là, est la plus dure, celle qu’il conviendra d’éviter.

Et les députés martiniquais ?
Emmanuel Macron refuse le clivage DROITE / GAUCHE, tout en écartant certaine droite et certaine gauche dans son équipe gouvernementale.
Comment, et dans quel camp vont siéger les députés martiniquais ? Quelle sera leur capacité à faire passer leurs doléances pour le pays Martinique, qui en a bien besoin, face à une assemblée qui peut être sourde, car pas, ou mal informée de la situation des Outremers ?

Le Président lui-même, n’avait-il pas qualifié les originaires des Outremers d’expatriés, pour ceux qui vivent dans l’Hexagone, que la Guyane était une île, avant de se reprendre en parlant de l’île de Cayenne.
Toutes les incompréhensions sont donc possibles, toutes les injustices aussi.
Les Outremers pour les législatives ne votent-ils pas le samedi, 24 heures avant la France, et exactement comme les Français vivant à l’étranger ? La Martinique n’est-elle pas une collectivité française au même titre que celles du sol hexagonal.
En quoi cela gêne-t-il de voter comme toute la France le dimanche, pour un scrutin considéré comme local en Outremer ?

Méconnaissance de l’Outremer – impuissance des députés ultramarins
Une véritable énigme pour les députés martiniquais, même si les uns et les autres déclarent vouloir ouvrir le débat pour que soient pris en compte les vrais problèmes de la Martinique, qui ne sont pas les mêmes que ceux des collectivités de l’Hexagone.
On n’ignore pas que le candidat Macron n’était pas favorable à un ministère des Outremers.
Faire entendre la voix de la Martinique sera un exercice d’équilibriste, en raison du caractère très libéral du Président de la République, incompatible avec une apparentée des députés d’EPMN / PPM, avec la « République En Marche », tandis que l’indépendantiste Nilor et le divers gauche Azérot devront se frayer un chemin.
Les quatre députés martiniquais ont de quoi remplir leur mandature, et plus tôt ils commenceront, mieux ce sera.

Roger Tranquille

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