Ay soukwé sak la, là ou vann’ chabon an

27 février 2017

Actualités, Economie, Politique, Social

Ay soukwé sak la, là ou vann’ chabon an

Adan ki sa nou yé là ?

La Martinique est confrontée à une limitation de fait de l’activité du transport compte tenu de sa taille, son insularité de sa structuration spatiale (polarisation extrême des hommes, des activités et bassins de consommation autour du centre, une forte densité tempérée par une absence de compacité ne favorisant pas la rationalisation des flux et alimentant une congestion des axes), et de l’éloignement des centres d’approvisionnement (incidences notamment sur les coûts des intrants : véhicules, pneumatiques…).
Dans ce contexte de lourdes contraintes structurelles le transport s’exerce en plus dans un environnement réglementaire marqué (accès au marché, accès et maintien dans la profession) et dans un cadre institutionnel fragmenté, notamment pour le transport de voyageurs (multiples autorités organisatrices, géométrie variable des périmètres de transport urbain qui se créent notamment à la faveur des évolutions en matière de coopération intercommunale et qui impactent de plein fouet l’activité des transporteurs inter-urbains). L’activité du transport en Martinique se caractérise aussi par une très forte atomisation de la profession : 1189 établissements dans les transports de voyageurs et 914 établissements dans les transports de marchandises (Source Insee TER 2010). Les établissements sont donc très nombreux et de petite taille (75 % n’emploient aucun salarié). De plus, pour profiter de la défiscalisation certains opérateurs (ex. les carriers) ont procédé à un surinvestissement dans le secteur du transport, rentrant ainsi en concurrence directe avec les transporteurs dont c’est le métier.
La crise mondiale et la crise sociale de 2009 se sont traduites par un ralentissement de l’activité économique, que la politique régionale de relance des investissements a un temps permis de juguler. La progression des coûts du carburant et des charges structurelles face à un marché visiblement moins lucratif, ont rendu de plus en plus difficile la complexe équation de la rentabilité de l’activité. L’ex-région avait souhaité que des solutions durables et acceptables puissent être mises en œuvre pour moderniser la profession, mettre à plat la situation des entreprises, analyser l’offre et la demande de transport et leur adéquation, les coûts, les pratiques de prix et d’achat des prestations de transport de marchandises, les conditions du développement du transport maritime…

Pou bien komprann sa ka passé là ?

En effet, en 2015 en assemblée plénière et par un vote unanime, l’ex Région avait acté la création et la mise en œuvre d’un dispositif financier afin accompagner les camionneurs (environ 10, à raison de 2 ou 3 par an sur 3 ans) dans la réduction du nombre de camions, pour faire face la diminution de leur activité et la déstabilisation du marché. Il s’agissait de racheter le camion pour le sortir de la flotte, et d’aider ces chauffeurs souvent très âgés à compenser l’absence de couverture retraite. En bref un dispositif technique complexe qui avait reçu l’accord de tous à la grande satisfaction des transporteurs…. à l’époque ! Aujourd’hui le nouvel exécutif bloque la mise en œuvre de ce dispositif invoquant des insuffisances budgétaires, et créant ainsi la colère et ce mouvement des transporteurs.

Pé ti tak !

Si on baisse un peu le volume de l’intervention de « Bordelais » on entend clairement deux autres responsables syndicaux s’exprimant en informant le président de l’exécutif qu’aux dernières élections ils auraient pour lui. « Sé baw nou voté » martèlent-ils. N’y a-t-il pas dans cette exclamation l’expression d’un contrat qui aurait été rompu, d’une promesse non tenue ? Tout est fait pour donner l’impression que le mouvement est piloté par le PPM pour entraver le fonctionnement de la CTM, alors qu’en approfondissant un peu il est clair que ce mouvement est une revendication de transporteurs majoritairement partisans du MIM qui se sentent trahis dans la confiance qu’ils avaient placée dans leur « chaben ». Agissant au nom des transporteurs, Bordelais se retrouve instrumentalisé, assumant le rôle du bouc émissaire idéal. Il se voit conspué, tourné en dérision carnaval approchant, pour une faute de français digne des meilleurs « carreaux de fruit à pain ».

Pa rété la !

Tout soupçon de grève des transporteurs renvoie immédiatement à l’image des longues files d’attente dans les stations d’essence, dans les supermarchés et à la paralysie du pays. Ce mouvement arrivant à la veille du carnaval a donc été rapidement impopulaire. Particulièrement sur les réseaux sociaux ou nombreux sont ceux qui se sont mobilisés pour le discréditer jouant en la matière un vrai rôle de contre-pouvoir. Quelques rares ont tenté de saisir cette amorce pour une prise de conscience de ce qu’ils considèrent être le symptôme d’une réalité sociale et économique difficile et ce, pas seulement pour les transporteurs (cout de l’essence, des aliments de première nécessité etc..). Cette tentative de mobilisation a elle aussi avortée, le spectre de la grève de 2009 étant plus présent dans les esprits que celui des privations « an tan lamiral robè » !

Yo twavail pou ayen ?

Mais que s’est-il passé ? L’ex région a objectivement fait un énorme travail sur la réforme des transports. Tant sur les questions législatives que sur les d’infrastructures, comme par exemple, le redémarrage des travaux du TCSP, l’amélioration du réseaux routier, l’embellissement de certaines communes avec le plan de relance dans certains giratoires, le refonte du giratoire du poteau à basse pointe, le nouveau tracé d’une route Macouba-Grand-rivière, l’axe de brasserie Lorraine tant demandé par les taxis collectifs, le « paquet routier européen »…..Sur le champ législatif et réglementaire on ne peut occulter le travail du Député ex-président de région avec notamment les lois sur l’habilitation transport et la mise en place de l’autorité unique de transport. Faudrait il en conclure que ces transporteurs qui ont fait le choix d’une autre gouvernance et donc de l’arrêt des projets entamés sont donc doublement bien mal placés pour venir se plaindre?
Cet exemple des transports montre une fois de plus s’il en était besoin que ce que certains ont qualifié d’échec n’est pas lié à un bilan négatif de la mandature en exercice. Le travail est là et bien là. Les réalisations du plan de relance dans toute la Martinique, la nouvelle répartition de l’aide régionale aux commune, l’aide apportée au paiement de la participation au SDIS, la rétrocession de l’aide sociale aux CCAS, le plan canne, la pose de dispositifs de concentration de poissions….en témoignent.

Sé politik ki, la !

Même si le travail a été fait dans le plus grand désintéressement, et que l’électeur reste libre de ses choix on aurait pu croire qu’au regard des réalisations effectuées la confiance serait renouvelée. Le vieil adage on ne change pas une équipe qui gagne en l’occurrence ici une équipe qui travaille, n’a pas pour les transporteurs visiblement fonctionné.
Ce mouvement des transporteurs ne serait-il pas la première manifestation d’envergure certes « contrôlée » d’électeurs déjà déçus ?
Jeff Lafontaine
27/02/2017
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Une réponse à “Ay soukwé sak la, là ou vann’ chabon an”

  1. José Dit :

    N’ayant pas les talents épistolaires de Mr Lafontaine j’essayerai de faire comprendre au peuple que faire de la politique c’est se battre pour des idees.Comment faire comprendre au peuple qu’il ne peut pas se dire:man pou Chabin me man contre l’indépendance,moin cont la 3ieme voie me man pou Letchimy’man pa France me man pou Monplaisir.La nationalité obéit à une définition internationalement reconnue par l’ONU et qui se caractérise essentiellement par la possession d’une carte d’identité (ADN).Un francais n’est pas un Italien ou unHaitien.Par contre en France n’importe quel francais peut se vivre pleinement national par son origine régionale.Un parisien n’est pas marseillais ou Picard ou martiniquais ou guadeloupéen tout en appartenant à la meme nation.Ceci pour dire au peuple que quand il affirme preremptoirement :moin pa France ceci a une signification idéologique forte qu’il doit assumer.Quand AMJ et ses colistiers refusent de faire fonctionner le TCSP qu’ils ont contribué à mettre en place c’est uniquement pour des raisons idéologique.Ils ne sont pas contre le TCSP mais contre les modalités de mise en place de cet outil par l’équipe precedente(partenariat public/prive,bail emphitheotique ect…..)qui selon eux font la part belle aux capitalistes.Ils utilisent donc de faux problemes(déficit abyssal,gaspillage des deniers publics…ect pour faire passer auprès du peuple leur opposition idéologique.Ils feront tout pour mettre en échec la stratégie de l’équipe precedente meme y compris en mettant à l’arrêt le développement économique du pays en affirmant que tout est de la faute de l’autre.Il en va de même pour l’actuel problème des transporteurs,de l’aide sociale et j’en passe.La Martinique est à l’arrêt parce que il y a un vide sidéral entre l’idéologie devellopee par AMJ et le gran semble et les idees de Yan Monplaisir et ba peyia a an chans.Le fossée est très grand entre un homme qui fait tout pour amener son pays à l’indépendance et un autre qui est viscéralement français au sens international du terme.Le rapprochement avec un autonomiste serait plus cohérent car être autonomiste ne consiste pas à renoncer à sa nationalité française comme c’est aujourd’hui l’aspiration de la majorité du peuple mais vivre cette nationalité autrement.C’est d’ailleurs la raison pour laquelle avec l’évolution actuelle du monde il y a en Martinique des autonomistes de droite qui travaillent en parfaite symbiose avec des autonomistes de gauche.L’Allemagne,l’Italie et bien d’autres êtats dans le monde sont constitués de régions autonomes réunies sous la bannière d’un etat centralisé sans que les régions constitutives ne perdent leur autonomie organisationnelle.Il est temps pour que les vrais indepandantistes proposent au peuple un veritable projet pour l’indépendance car la Martinique comme n’importe quel autre pays à vocation à être indepandante……….le jour où les faux indepandantistes doucineurs sortiront de leur aliénation mentale.

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