Merci Henri Guédon

11 février 2017

Culture

Merci Henri Guédon

Henri GUEDON (22 mai 1944 – 12 février 2006) (Artiste-Peintre – Plasticien – Musicien)

Nous avons le devoir et l’obligation d’honorer la mémoire de nos grands hommes vivants et disparus. Personne d’autre ne le fera à notre place. Pensons tous à cela !

Dimanche 12 février 2017, cela fera 11 ans que la Martinique a perdu un génie des arts, le plasticien et musicien martiniquais de renommée mondiale, Henri GUEDON, mort à Paris à La Pitié-Salpêtrière, des suites d’une opération du cœur le 12 février 2006.

Henri Guédon naît le 22 mai 1944, jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Ce thème l’inspira tout au long de sa carrière.
Il crée très jeune un groupe, La Contesta avec Paul Rosine (vibraphone), Michel Pacquit (piano), Denis Dantin (batterie), Romul Pinel (conga) et enregistre un album avec Alain Jean-Marie et A. Condouant.

En 1964, il s’installe à Paris où il participe à de nombreux concerts de Jazz fusion. Pionnier de la modernisation de la musique afro-cubaine, il crée avec Daniel Barda le premier Big Band Jazz Caraïbes en 1970, au sein duquel il y joue du boogaloo, mélange de soul, de rhythm and blues et de rythmes afro-cubain. Il surprend d’autant plus le public français, que sur scène, il met en avant les percussions en en jouant très fort.

En 1972, il sort l’album Cosmo Zouk, avec une réunion de musiciens latinos antillais : Don Gonzalo Fernandez, Nicole et Jacky Bernard, Claude Vamur et Michel Pacquit. Il collabore aussi avec le tromboniste Barry Rogers, le trompettiste cubain Arturo Sandoval, le tromboniste Glen Ferris, le saxophoniste Bobby Rangell et le percussionniste Sabu Martinez.

Habitué des grandes salles de jazz parisiennes, on lui prête aussi la paternité du terme de « Zouk » en musique après la sortie en 1972 d’un album baptisé « Cosmo Zouk ». Il avait notamment composé une « Marseillaise des trois continents ».

Fin des années 1970, il importe la Salsa en France. Et lors de son spectacle Afro Caraïbe jazz meeting à l’Olympia, il invite les stars de la musique latine : Andy Gonzales, Barry Rodgers, Mario Riveira, Nicky Marrero, Alfredo de La Fe, Johnny Rodriguez Jr., Marion Riviera, Eddie Martinez et Ray Romero.

Début des années 1980, il marque les esprits avec les albums Afro-blue puis Afro-temple. En 1982, il tente d’autres expériences en formant un groupe expérimental de percussions avec les musiciens Bill Summer, Scott Roberts et John Olis Jr. Lucas Van de Merjick. L’instrumentorium est composé de 200 instruments afro caraïbéens, afro asiatiques, mêlés aux divers instruments classiques occidentaux. En 1983, il reçoit le prix de l’Académie Charles Cros pour des contes musicaux écrits d’après la tradition profonde des Antilles, avant de partir pour de longues tournées internationales.

En 1988, il sort deux œuvres musicales originales : L’opéra Triangulaire, un oratorio jazz avec un orchestre symphonique, son Big Band, des chœurs, et avec la collaboration de Philippe Langlais, directeur de l’Orchestre du Havre ; et Un poème symphonique, créé avec des musiciens de l’orchestre Provence Côte d’Azur et la chanteuse Carol Unpkin pour le Festival d’Avignon. C’est un hommage à Aimé Césaire puis un an après un hommage à Toussaint Louverture.

En 1992, il crée la Marseillaise en trois Continents pour et en collaboration avec la ville de Bagneux.

En 1993, c’est avec la Ville de Courbevoie qu’il crée Nomadisme Musical aux Caraïbes, suite de diverses danses Caraïbes et de Mazurkas avec la participation de l’ensemble instrumental Parenthèses avec la chanteuse Yolanda Hernandez et le pianiste Georges Rabol.

En 1995, il remonte son Latin Jazz Band avec les musiciens qui ont suivi l’évolution de sa carrière ; il prépare un album en hommage à Dizzy Gillespie, intitulé Latin BE BOP.

Il revient au devant de la scène au New Morning, le 15 octobre 2004 pour célébrer ses 40 ans de carrière. Il s’entoure de ses acolytes Luckmil Perez (timbales, batterie), Abraham Mansarol Rodriguez (congas, bata), Felix Toca (basse), Christophe Orbester (piano), Michael Joussein (trombone, direction musicale), Eddy ‘Negon’ Borges (trombone), Dave Rhotschild (trombone). Sont invités, Allen Hoist (flûte), Alain Jean-Marie (piano), Almeida Gonzalez Cuchi (basse), Claude Vamur (timbales), Frankie Vazquez (chant). L’année suivante il donne son dernier concert dans son île natale Fond Saint Jacques à Sainte-Marie (Martinique).

Il est notamment l’auteur des Arbres de la Liberté, une sculpture monumentale devenue le symbole de la place des Arawaks à Schœlcher. Ses créations artistiques, de la peinture à la sculpture, avaient pour thèmes des lieux populaires. Homme de paix, engagé contre le racisme, il est le créateur des timbres du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

En janvier 2003, il avait installé l’œuvre monumentale « Zépol karé toubannman », faite de 1 406 bouteilles de rhum arrangé, dans le hall du palais de justice de Fort-de-France.

Il était considéré comme le créateur du mambo-rock et du zouk.
Il meurt le 12 février 2006, des suites d’une opération du cœur.

Henri GUEDON laisse derrière lui des centaines d’œuvres plastiques résolument contemporaines même s’il puisait son inspiration dans l’art afro-amérindien.

Saluons ici, encore une fois, la mémoire de cet homme hors du commun, humaniste et artiste.

Philippe Pilotin

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Une réponse à “Merci Henri Guédon”

  1. Herve et Jeanine Dit :

    Un artiste de génie aux toiles puissantes et colorées.
    Mes parents ont acheté une toile 2000 euros et nous sommes heureux de l’avoir dans le salon.
    Magnifique !!!

    Répondre

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