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Pa tchouéy

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Mes chers amis, dans cette période difficile que traverse les forces progressistes de la Martinique point n’est besoin de verser dans
la trahison
ni la sanction
encore moins dans la délation
mais un peu d’attention
pour beaucoup plus de considération.

Le moment est extrêmement difficile car nous sommes dans une situation à la fois douce et dramatique.
Douce, parce que nous vivons dans des abondances de modernisation et de consommation assez spectaculaires ; et dramatique parce que cette abondance s’accompagne, comme dans la plupart des pays du monde, d’une destruction des mécanismes régulateurs de notre société martiniquaise. Cette destruction se traduit par l’apparition d’une violence économique, d’une délinquance aveugle, par la dispersion des valeurs structurantes.
Il faut ajouter à cela un syndrome d’assistanat et de dépendance qui non seulement invalide notre dignité, et porte atteinte à l’estime que nous pourrions avoir de nous-mêmes, mais qui surtout anesthésie nos capacités créatrices ou innovantes.

Afin de nous retrouver et de donner du sens à nos initiative je partage avec vous cet extrait du discours de Serge Letchimy prononcé le 22 mai 2009 sur la place du 22 mai, en présence du Maire de pointe à pitre Jacques Bangou.

Jeff Lafontaine

Extrait…

« Alors, je préfère m’accrocher aux seules choses qui vaillent dans l’immédiat : lutter contre l’oubli et renforcer notre conscience d’être. D’être martiniquais, d’être guadeloupéens…

Cette longue traversée à laquelle nous sommes tous appelés, tous avec un but précis : celui de l’émancipation du peuple martiniquais.
Mais pour traverser, pour construire notre route, il nous faut rester unis. Unis à l’écoute du peuple. Pas au-dessus du peuple mais avec le peuple. Pas prétentieux et pressés mais à l’écoute très humble des revendications. Et il nous faut surtout rester fidèles à la doctrine laissée par nos aînés. Rester forts. Rester soudés. Rester déterminés. Car de notre implication et de notre mobilisation dépendra la victoire. C’est pourquoi notre responsabilité est grande.
Ainsi, chers amis, comment peut-on se référer à l’immense œuvre d’Aimé CESAIRE sans se donner les moyens, la force, la disponibilité, d’être à la hauteur de la mission qu’il nous a confiée ?

Comment gagner un tel combat, celui de la liberté – en ce qu’elle porte d’autonomie – sans un dépassement de nos égoïstes individualités, ou sans la mobilisation, (en France, en Europe, ici en Martinique, et dans la Caraïbe) d’un nouvel état d’esprit. Celui de l’autonomie auto-instituée, tout de suite, dans chacun de nos choix, de manière explicite et permanente. Et cela dans l’idéal de progrès et de solidarité que nous a rappelé le docteur Aliker : « Il ne faut jamais permettre que l’intérêt général soit noyé dans les eaux glacées des intérêts privés. »

Comment gagner sans prendre conscience de cette responsabilité qui est la nôtre ? Celle d’aller jusqu’au bout de la lutte pour l’émancipation et pour l’autonomie ! Celle du Parti Progressiste Martiniquais ! La responsabilité de ceux qui sont à la maison, (la maison du PPM), de ceux qui n’ont pas trahi, ni l’homme, ni la cause ! La responsabilité de ceux qui sont porteurs d’un avenir pour ce pays en évitant les marigots du populisme et du mercantilisme !
Le PPM a une doctrine. Le PPM a une philosophie. Il a toujours donné un sens politique à son combat. Notre idéal de progrès est indissociable de notre idéal de solidarité sociale et d’équité. Notre mot d’ordre d’autonomie est incompatible avec une société d’autocratie qui ne respecte pas les libertés individuelles et qui ruse avec la démocratie. L’Autonomie est un processus de construction culturelle de la responsabilité auto-instituée, et non une mise sous tutelle sociale du peuple. Elle se situe dans l’interaction démocratique, et non dans l’isolement et dans l’enfermement doctrinaire.

Sans boussole et sans cap (en clair sans une éthique) il n’y a ni issue politique et ni société sainement organisée. On pourrait imaginer qu’en tant que militants nous ayions des droits. Certes. Mais nous avons surtout un devoir : celui d’aller jusqu’au bout et de transmettre cet idéal de progrès et de liberté qui nous a été légué. Et cela sans jamais trahir notre conscience, à l’image de cette femme sculptée par Khokho René-Corail qui n’a jamais trahi sa destinée. Je la regarde. Elle est prête au sacrifice… Elle est prête à défendre son enfant peut-être mort… Oui, le désespoir donne le sentiment légitime d’une capacité à composer, d’une présence humaine prête à recommencer la création. Son enfant, mort ou pas, elle est prête à continuer la bataille, à continuer la vie, à redémarrer. Et c’est dans cette constance que se fonde sa liberté ! C’est ainsi qu’elle est libre ! L’art de Khokho exprime l’essentiel : le devoir de résistance. Aimé Césaire le décrivait ainsi : « Ici le nègre n’est plus l’objet, il est le sujet… Eh bien cela, c’est la vision martiniquaise de la libération des nègres….. Il ne reçoit plus la liberté. Il la prend et on nous le montre la prenant… « .

Serge LETCHIMY
22 mai 2009

 

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Un commentaire

  1. La Kravache

    3 février, 2017 à 13:59

    Les ecrits aux idées sont souvent des mots écrits sur le sable effacé aux premières marées…

    Répondre

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