La Martinique s’interroge

7 janvier 2017

Société

La Martinique s’interroge

Le désengagement de l’Etat français, envers l’Outremer se fait de plus en plus prononcé d’années en années, et les collectivités ont du mal à maîtriser les dépenses de fonctionnement.

Les études élaborées font presque toutes le même constat : « l’obligation de réduire le nombre de fonctionnaires ».
Et ce sont surtout, les nouveaux fonctionnaires qui fleurissent comme pousse la mauvaise herbe au bord des routes en période pluie qui sont pointés du doigt.

Ces nouveaux fonctionnaires ?
Les territoriaux recrutés avec la création des communautés d’agglomérations, en l’occurrence : la CACEM, Cap Nord, et l’Espace sud.
Ajouter à cela, les promesses d’embauche de campagne électorale, excluant la prise en compte des capacités économiques des collectivités, la dérive s’active.
Le recrutement de parents amis et alliés par certaines collectivités, au mépris des règles d’embauche, et les salaires ronflants qui leur sont versés, la dérive continue.
Le directeur de cabinet du président du conseil exécutif de la CTM ?
Un retraité de l’éducation nationale qui gagne déjà bien sa vie…….Quelle compétence est la sienne, sinon sa fidélité ! Insuffisant pour occuper le poste.
Il doit bien exister des fidèles compétents, diplômés, en quête d’emploi au MIM.

Attention danger !
A ne pas négliger, le volume financier des indemnités des conseillers, de ces collectivités nouvelles, représentants politiques des communes, des indemnités, tout simplement pour assister, aux réunions, en ayant soin très souvent, de ne pas faire de vague, sous peine de !……..Et qui paie ?
Le contribuable voit sa feuille d’impôt afficher chaque année, des augmentations que certain président de collectivité a du mal à justifier, et faire passer la pilule.
Eugène Larcher est aux abois à l’Espace sud, avec des augmentations d’impôts flirtant avec les 60%. Les arguments qu’il oppose face à la grogne des contribuables organisés, ne tiennent pas la route, il le sait. Les jours à venir peuvent être très sombres, si un contrôle sérieux est opéré au sein de la Communauté d’agglomération de l’Espace sud, en mesure de mettre au grand jour les incohérences ayant conduit aux augmentations des taxes contrôlées par l’Espace sud.

Fermeture d’établissements publics à la chaine
Paradoxalement on ferme des établissements publics d’utilité première, pour économiser dit-on, en dépit des craintes avérées, des personnes âgées, ou handicapées, qui se voient supprimer la proximité.
Les contribuables éprouvent des difficultés à se retrouver, des décisions en dépit de leur sécurité, et du bon sens, les maires concernés se taisent, prétextant à postériori qu’ils n’ont pas la main sur ces décisions, monsieur et madame tout le monde sont mis devant le fait accompli.

Saint Esprit en perte de vitesse
C’est le cas de la commune de Saint Esprit qui devient au fil des années une ville fantôme, où commence à se développer une délinquance qui s’incruste chaque jour davantage.

Délocalisation…..La gendarmerie passe à la trappe
C’est d’abord la réfection de la caserne de gendarmerie, puis le départ des militaires vers la commune de Ducos qui inquiètent. Pourquoi engager des dépenses, pour ensuite supprimer l’unité dans la commune ?
La caserne de Gendarmerie de Saint Esprit est devenue une résidence pour les militaires et leur famille, rien de plus !
Les Spiritains ne se souviennent pas que le maire actuel de la commune ait tenté de maintenir la Gendarmerie, sinon, il le ferait savoir à la population.
En ces temps d’insécurité, une présence dissuasive est impérative, et cette absence se fait ressentir cruellement.
Depuis cette opération de délocalisation irréfléchie, de jeunes désœuvrés se sentent forts, bombent le torse, pratiquent leur commerce, et trafic de drogue, au nez et à la barbe de la police municipale…..Leur quartier général jouxte le bureau des policiers municipaux, ils circulent en moto, en sens interdit devant les policiers, sans casque, en moto grosses cylindrées, sans plaque d’immatriculation, consomment de l’alcool, et de la drogue sur la voie publique, ignorant les gendarmes, lors de leurs très rares présences sur le territoire de la commune, qu’ils traversent en voiture climatisée……Le maire est aux abonnés absents sur cette gangrène, ne communique pas, tout peut arriver, après une heure tardive.

La poste délestée d’un service
Le bureau de poste de Saint Esprit est orphelin d’une partie de son service transféré à Ducos, et le bâtiment qui servait de parking aux véhicules des préposés est désespérément vide, mais entretenu, car la nature a horreur du vide……..Le bruit d’une délocalisation de ce bureau de poste ailleurs est incessant, on n’y croit pas comme on n’y croyait pas pour la trésoreries de la commune.

La Trésorerie……c’est fini !
Les impôts se paient depuis le 1er Janvier 2017 au Marin, mais toutes informations relatives à ses impôts se donnent à la Trésorerie du François, une belle pagaille en vue. Opération réalisée en catimini, au grand dam des contribuables mis devant le fait accompli, par simple affichage sur les portes closes de l’établissement. Aucune communication, un mépris total à l’égard des contribuables !

Réduction de personnel en préparation
On se dirige vers le non remplacement à terme des personnels déplacés au Marin, au François, et ailleurs, une fois le départ à la retraite sonné.
La chose a été constatée avec la fermeture de l’antenne de la CGSS du François, et la répartition des personnels à Trinité et dans d’autres antennes.
Visiblement le candidat François Fillon a été devancé dans son projet, et sa stratégie de réduction de la masse des fonctionnaires, en vue d’économiser.

Vraie question……Panne d’idée !
En France, et en Martinique aussi, quand on se trouve face à un problème, il est déjà trop tard, on baisse la garde, on fuit la question, comme la tentation forte de légaliser le cannabis, au mépris des conclusions de certaines recherches très sérieuses, sur cette drogue, au lieu de mettre en place très tôt, des actions de prévention, et d’éducation à la base, pour les jeunes qui commencent à avoir une indépendance dans la vie.

La Martinique et sa gouvernance !
Les gouvernants ont toujours été en très grande difficultés, pour devancer les questions, et mettre en place des actions visant à donner des réponses.
Difficile de trouver les projets innovants, créatifs et porteurs d’emplois durables?
L’économie est basée sur la culture de la banane, et celle de la canne, accessoirement des cultures vivrières et maraîchères, l’autosuffisance alimentaire est un leurre.
Les centres commerciaux et hyper marchés fleurissent, une entreprise préméditée pour tenir la population en laisse, car l’un n’empêche pas l’autre, à condition que s’établissent des passerelles, entre ces grandes surfaces et la production locale.
Le vrai système économique est basé principalement sur la consommation, rien que la consommation, avec les effets catastrophiques sur le portefeuille des Martiniquais.
Le système éducatif n’est pas en harmonie avec des perspectives, pour l’avenir de la Martinique.
Quelles études, pour quel paysage économique social, technologique, et sanitaire de la Martinique ?
Le flou absolu, les jeunes Martiniquais font des études sans savoir s’ils pourront exercer dans leur pays, leurs diplômes en poche, aucune structure n’attend leur retour, ou leur arrivée sur le marché de l’emploi.

Système de vie fragile, idées de souveraineté aberrantes.
On parle d’indépendance, mais personne ne dit comment, ni avec qui !
La jeunesse martiniquaise semble ne pas exister, avance dans l’incertitude.
Avant l’indépendance, la question est de savoir, comment y parvenir, si le pays est préparé à franchir le pas sans dommage pour ses habitants, et surtout si le pays possède la matière grise adéquate, pour prévenir, préparer cette indépendance, du point de vue économique sanitaire et social, car rien ne tombera du ciel, on n’est pas en 1957, où l’indépendance se prenait de force, dans le sang, on voyait ensuite les moyens de la faire perdurer, on connait la voie pour y parvenir.
Aujourd’hui, cette voie-là n’est pas possible !
La seule fierté d’avoir un passeport martiniquais, une représentation aux côtés d’autres chefs d’états, un drapeau, prendre un Jet privé, ne peuvent obtenir l’adhésion du Martiniquais de base, ne garantissent pas la sécurité, et bien moins l’avenir du pays, même si certain dit être le « Président de tous les Martiniquais ».

Les jeunes quittent le pays
On s’étonne que la démographie martiniquaise soit en souffrance, n’évolue pas dans le bon sens, régresse, que certaines communes se dépeuplent au fil des années, en gros, que le pays perd ses forces vives.
Une filière de migration vers les Etats Unis d’Amérique, et surtout vers le Canada, s’est créée depuis plusieurs années, personne ne s’en inquiète.
Les efforts faits pour permettre à des jeunes créateurs d’entreprise de rentrer pour exercer leur talent au pays semblent se couvrir de poussière aujourd’hui.
On n’est pas fichu de faire de la boue, lorsqu’on a de l’eau et de la terre, et on veut aller plus loin !
Le phénomène de migration s’est opéré en Haïti, et aujourd’hui ce sont des milliers de Haïtiens qui vivent hors de leur pays, au point que, dans la banlieue de Miami, existe « Little Haïti », tandis que le pays vit dans le dénuement le plus total.

Et les élus martiniquais ?
Pendant ce temps, pendant que le pays se meurt, il y a des élus qui gonflent leur compte en banque, à astiquer les bancs des collectivités, de l’Assemblée Nationale et du Sénat, car en faisant le tour, notamment de nos parlementaires, il n’y en a qu’un seul qui s’est illustré, les autres se contentant d’interpeler le gouvernement, mais sans aucun projet pour le pays Martinique, sans aucun amendement conséquent.
La Martinique doit retrouver le bon sens de la marche, préparer sa jeunesse, renouveler ses dirigeants politiques, et surtout ne pas confier de mandats à des chasseurs de prime.
2017 est l’occasion ou jamais d’un sursaut de l’électorat, avec bien entendu la Présidentielle, mais surtout avec les Législatives, et à un degré moindre les Sénatoriales.
Roger Tranquille

 

2 Réponses à “La Martinique s’interroge”

  1. José Dit :

    Bravo à vous pour cet article remarquable.Tout le monde sait que faute d’argent l’état se désengage des collectivités depuis plus de …..10 ans dans toute la France pas seulement dans les DOM.Prendre ce faux prétexte pour masquer son incompétence est proprement scandaleux.Il y a en Martinique beaucoup des collectivités en difficulté qui n’ont pas augmenté leur imposition malgré la crise.Il est symptomatique de constater que ce sont ceux qui se disent indepandantistes qui se vautrent le plus dans ce système capitaliste en favorisant copains et famille.Que font actuellement nos faux indepandantistes alliés aux immobilistes de l’art 73,ils attendent les prochaines législatives de Juin pour envoyer à l’assemblée nationale françaises des députés charges…… » »de demander une modification de la loi portant statut de la CTM pour leur permettre de mieux nous couillonner.Ils avaient 2 assemblées qui selon eux les empêchaient de développer le pays,l’état leur a créé une seule pour les responsabiliser selon leurs dires et maintenant ils disent que la seule assemblée réclamée par eux a été mal conçue.Il faut rappeler que ce sont les hommes qui font la valeur des institutions alors changeons d’abord les hommes pour nous donner une chance de réussir.

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  2. Alain Désire Faula Dit :

    Les gens, la population en a marre de toutes ces magouilles, qui croire ? On ne sait plus

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