Merci Marius Cultier

23 décembre 2016

Culture

Merci Marius Cultier

Vendredi 23 décembre 2016, cela fera 31 ans que ce géant de la musique martiniquaise nous a quittés à l’âge de 43 ans. A l’évocation de son nom qui ne se souvient pas de « ni telman lontan ki doudou mwen ka véyéw ». Et pourtant on a aussi l’impression d’un génie inconnu dans son propre pays. Il nous a semblé indispensable de poursuivre le travail de mémoire et de déblaiement de nos repères culturelles troublés par la faiblesse voire l’inexistence de nos politiques culturelles. Nous publions cette biographie offerte par un ami.

Jeff Lafontaine

 

Marius CULTIER (1942 – 1985)

(Pianiste – Chef d’orchestre – Auteur – compositeur – interprète – producteur – animateur radio – Créateur de la biguine jazz)

C’est le 23 décembre 1985 que le pianiste martiniquais a quitté ce monde, laissant derrière lui une belle discographie et un héritage certain au patrimoine musical antillais.

- 1942 : naissance de Marius Cultier à Fort-de-France en Martinique. A neuf ans, il est le chef d’orchestre de l’ORTF.

- musique » qui connaîtra un grand succès auprès du public. Avec Jack Gil, Jo Amable, Marius Cultier contribue à modifier le contexte culturel de toute une époque.

A 14 ans, il devient orphelin de père et de mère. Ses grandes sœurs se chargent de son éducation.

- 1956 : Marius Cultier découvre le Jazz. Il fait un parfait mélange du JAZZ et de la musique Antillaise.

Musicien talentueux et reconnu, c’est à l’hôtel l’Impératrice qu’il se produit pour la première fois.

- Il parcourt la Martinique entière pour participer à des concerts ou il est très sollicité par les chefs d’orchestres. Mais il ne se limite pas à la Martinique et décide de se produire dans la Caraïbe.

Il reçoit le prix de l’International Piano Conquest à Porto Rico pour son interprétation de « Round Midnight ».

en moins de 20 ans : Marius compte une dizaine de disque à son actif.

Il s’installe pendant 8 ans au Canada où il est immédiatement adopté par le publique. En outre, il est engagé par la radio Canadienne comme animateur de plusieurs émissions.

- 1970/1971 : Marius Cultier va se faire connaître du publique Européen.

Il joue à Paris au Palais des Congrès sur invitation du président de la république de l’époque Valérie Giscard D’Estaing.

-1976 : Marius Cultier se fait remarquer lors de la remise des prix de l’Académie de Jazz de Paris.

- 1975 : Marius Cultier se produit à l’Olympia.

- Après dix ans d’absence, il revient dans son pays et veut contribuer à l’évolution de la culture. Il crée un institut de Jazz Antilles-Guyane.

- 1983 : Il repart pour les Etats-Unis et revient au pays avec l’idée de fonder un commerce pour la vente d’instruments de musique. Il vend, répare, accorde beaucoup d’instruments de la Martinique.

L’une des priorités de Marius Cultier a été de dresser un inventaire des œuvres musicales appartenant à l’Amérique du Sud et qui inclut certaines de ces compositions dont « Concerto pour l’oiseau et la fleur » interprété par Jocelyne Béroard. Une chanson qui a reçut le prix de la Chanson d’Outre-Mer à Paris en 1982.

Malheureusement Marius Cultier « le musicien aux doigts d’or » connaît de nombreux problèmes dans sa vie.

- 1985 : le 23 décembre 1985 c’est le décès de Marius Cultier. 

La Martinique l’accompagne à sa dernière demeure en chantant « L’ode à Gisèle » une chanson écrite pour sa femme.

Marius Cultier a laissé une œuvre musicale monumentale pour son pays qu’il convient de transmettre, de faire connaître à la nouvelle génération. Il a parcouru l’Europe et les Etats-Unis où il a côtoyé les grands noms du Jazz et y a rajouté sa sauce entre Biguine, Mazurka et la musique latine. Il est le précurseur de ce genre musical appelé aujourd’hui « Biguine Jazz ». Marius Cultier a contribué de manière considérable à l’enrichissement du patrimoine musical local et à son exportation à l’étranger. Il a également influencé des pianistes, voire même formé certains d’entre eux, sans oublier son rôle fédérateur dans les nombreuses jams auxquelles il a participé. Des récompenses, des hommages, des prix ont salué son œuvre.

Philippe Pilotin

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2 Réponses à “Merci Marius Cultier”

  1. bb Dit :

    ok pour beaucoup de choses mais « inventeur » de la biguine jazz, c’est à voir!
    biguine + improvisation = biguine jazz, donc beaucoup ont improviser sur de la biguine et même bien avant MArius Cultier
    en fait cette appellation Biguine JAzz n’a guère de sens…
    reggae jazz? monty Alexender, Ranglin
    calypso jazz? Ralph mc Donald Eric gale
    Compas Jazz..Widhmaer et autres
    tango jazz?
    on s’y perd à vouloir donner an wotè par cette appellation t en plus à lui attribuer une paternité

    Répondre

  2. LAFONTAINE Dit :

    En lisant cet article, j’ai une pensée pour les talentueux professeurs d’éducation musicale de la Martinique. Ils jouent un rôle fondamental dans l’ouverture culturelle et dans la transmission de l’histoire de la musique en Martinique et la contribution des musiciens Martiniquais à son rayonnement dans le monde.

    Répondre

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