Accueil Politique Vol au dessus d’un « nich fonmi »

Vol au dessus d’un « nich fonmi »

camillechauvet

Dans le France Antilles, du 05 décembre 2016 Camille Chauvet, personnage public, militant du Parti Progressiste Martiniquais, ancien conseiller régional, donne une interview politique dans laquelle il précise s’exprimer en son nom propre. A la suite de cet article critique, au sens noble du terme, son parti publie le même jour un communiqué pour le moins surprenant, informant que Camille Chauvet :  » n’est pas mandaté pour parler au nom du ppm » Et, que  » les propos tenus dans cet article, n’engagent que lui ».

Quelle faute aurait été commise par le controversé Camille Chauvet ?
Point n’est besoin de rappeler que Camille Chauvet, Docteur en Histoire de son état, est on le sait un libre penseur. Il a l’habitude dire tout haut et dans un style bien à lui ce que d’autres n’osent pas énoncer. Visiblement il y a eu encore cette fois crime de lèse-majesté.
C’est vrai qu’à l’approche des élections législatives les appareils politiques sont en effervescence et cherchent à mettre tout sous contrôle, y compris la pensée du peuple. Ce communiqué aura eu le mérite de nous pousser à la lecture attentive de cette interview et de tenter d’y décrypter les propos qui aurait suscité ce rappel à l’ordre. A l’ordre de penser comme il faut.
Camille Chauvet pose la question de la vision et du sens politique du combat mené par le parti. Quelle était la base politique de l’alliance ? Etait-elle une alliance gestion pour administrer la Région ? Ou était-elle un moyen d’atteindre des objectifs politiques communs basés sur le socle commun de la responsabilité ?

Camille Chauvet est un autonomiste, et cette perspective est pour lui non négociable ! Son rêve serait de voir réaliser l’autonomie politique, économique et culturelle restituée à la nation Martinique dans le cadre d’une République française qui prendrait mieux en compte ses propres diversités.
Oui Camille Chauvet adopte une posture résolument critique voire même par moment provocatrice. Cette attitude est tout à fait dans la manière de l’homme. Il précise les contours de ce que devrait être la ligne politique du parti et dresse une feuille de route en vue des prochaines élections.
Est-ce là que le bât blesse ?
A-t ´il franchi une ligne rouge ? Un militant aussi charismatique soit-il peut-il de son propre chef s’exprimer non pas au nom du parti mais sur le parti ? Existe-t-il des consignes d’omerta sur la ligne politique du parti?
Le militant doit-il être seulement là pour faire le nombre lors des meetings, coller les affiches, distribuer les tracts et garantir des voix.
Qu’est-ce qu’un parti et en l’occurrence le PPM peut attendre de ses militants, de ses forces vives.

Plus généralement, quelle marge d’action et d’expression y-a-t-il aujourd’hui pour le citoyen lambda qui veut faire de la politique?

Faire de la politique
La meilleure définition que l’on pourrait donner de la politique au quotidien serait la suivante : Faire à fond, tout ce que l’on peut faire, du mieux qu’on peut le faire, avec ce que l’on a.
La politique ne consiste pas juste à organiser des élections et mettre un bulletin dans l’urne. Faire de la politique c’est se projeter dans l’avenir, c’est participer au débat, c’est exprimer ses choix quant à une vision de l’avenir. C’est parfois résister face à certaines décisions, c’est sortir de la conscience individuelle c’est vouloir un développement humain durable et s’impliquer pour le construire collectivement.
Certes cela nécessite sans doute que l’on soit préparé, décomplexé, outillé, éduqué, informé et pourquoi pas formé.

Le parti politique
Pour cela, un parti se doit d’être un lieu de débats, un lieu où l’on incite le militant à donner son avis. Un lieu où il fera apprentissage de l’argumentation, où il aiguisera son esprit critique et posera sur le monde un regard vigilant. Un lieu où il apprendra à agir en responsable.

Etre responsable
Agir en responsable évite les démagogies, les populismes, les passivités, les jugements, les condamnations injustes, la courte vue et les effets de manche, et même les postures de petit chef à bon marché qui sont engendrés par l’assistanat et la dépendance.

Alors pourquoi?
On pourrait s’interroger sur l’objectif de ce qui peut apparaitre comme un camouflet, une subtile remontée de brettelles. Le PPM traumatisé du 13 décembre 2015 serait-il en train de vouloir faire porter aux deux CC (quelle coïncidence) une défaite difficile à digérer en jugulant la démocratie et confisquant la liberté d’expression y compris de ses plus fidèles militants ?

Jeff Lafontaine

06/12/2016

 

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Un commentaire

  1. aime

    9 décembre, 2016 à 9:56

    des articles toujours aussi nébuleux, on n’arrive pas à vous situer ou savoir ou vous voulez aller. cependant pour le lecteur avisé vous êtes un « pa layi pa laya » comme un certain « édit » M. vous commencez à humecter d’autres senteurs plus attirantes. alors bon vent à vous et que ces odeurs vous soient agréables
    ….

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