Lettre à tous ceux qui comme nous sont amoureux de la lecture

1 décembre 2016

Culture

Lettre à tous ceux qui comme nous sont amoureux de la lecture

Par Jeff Lafontaine. Nous vivons dans un pays ou les talents en tous genres et en tous domaines foisonnent. Curieusement, on a l’impression que seul le genre musical arrive péniblement à émerger, et ce, à quel prix et dans quelles conditions ? 

 

Le parcours de l’humilié.

Les auteurs martiniquais éprouvent toutes les peines du monde à occuper une place, aussi minime soit-elle, sur les médias locaux, chez les librairies ou  sur la place publique. Pourtant, la demande existe. Les martiniquais aiment lire et font bon accueil à toute forme de littérature dans laquelle ils se reconnaissent ou grâce à laquelle  ils apprennent la grande ou les petites histoires de leur pays. Ils sont curieux et friands, mais  trouvent difficilement  ces pépites dans nos librairies locales et autres points de vente.

Il nous faut  désormais les voir comme des effusions de richesse qui appartiennent à tous. Leur protection, dans le partage et dans l’échange, assure de beaux remparts contre toutes ces atteintes à notre culture.

La pensée est libre et doit s’exprimer librement.

Faudrait-il absolument avoir obtenu la reconnaissance suprême nationale, un prix Goncourt, un prix Carbet pour mériter une visibilité sur nos chaînes locales, ou dans nos librairies ?

Faudrait- il être universitaire, politicien, pour avoir le droit d’exprimer, d’écrire, de partager sa pensée ? Nous avons beaucoup de choses à dire, nous avons beaucoup de choses à nous dire. Il n’y a pas de sujets tabous. C’est au lecteur de faire ses choix. La pensée elle, doit rester libre et doit pouvoir  s’exprimer librement.

Se doter d’une conscience d’être ? Nous nous y attelons. Car nous savons que la conscience est un pont pour notre traversée. Cette longue traversée à laquelle nous sommes tous appelés, tous avec un but précis : celui de notre épanouissement culturel.

Nous, on veut l’écrire cette parole

Nous sommes les héritiers d’une culture de tradition orale, nous martèle-t-on sans cesse. Serait-ce là une raison pour nous priver de la possibilité d’écrire et ainsi de laisser nos traces ?  Nous, tenons à ce que cette parole soit marquée, inscrite, écrite, conservée, archivée, reconnue et nous espérons qu’elle soit lue.

Les initiatives locales pour promouvoir les auteurs martiniquais sont très rares, aucune émission littéraire à la télévision, top peu en radio, aucun salon du livre…..

Les auteurs doivent se battre, chacun dans son coin pour exister et être lu. Il faut flatter les libraires pour obtenir une séance de signature, ou pour figurer sur leur étagère. Il faut que cela change !

L’impossible pour nous n’est pas un prétexte à immobilité, mais un aiguillon qui nous permet d’identifier avec lucidité et responsabilité toute la gamme des possibles qui nous permettront d’avancer !

Nous affrontons ainsi les impossibles. Non par des incantations faciles, mais par la saisie du pas que l’on gagne, et que l’on tient gagné, et qui de pas gagné en pas gagné, ouvre des traces nouvelles, dégage des horizons.

Chers auteurs, et si nous prenions le pouvoir ?

Et si nous occupions bruyamment, durablement, définitivement cette place vide ?

Il serait temps de créer par  nous-mêmes le salon des auteurs martiniquais. Un  salon itinérant par exemple, qui circulerait dans tout le pays, à la rencontre de nos lecteurs. Un salon  où chaque auteur s’engagerait à  participer pour animer des débats,  échanges, causerie  sur un thème particulier, d’actualité ou autre. Et qui sait … pourquoi pas,  susciter et réveiller d’autres vocations ?

Et si,  nous inventions notre prix littéraire ?  Et si nous nous organisions pour offrir à nos lecteurs un échange personnalisé « du producteur au consommateur », avec un espace de vente directe ? Et si, et si …….

Car  rien ne saurait durer qui proviendrait de l’extérieur de nous-mêmes, ou qui nous aurait été imposé – comme dit la chanson Ayen di fos pa bon !  Rien ne saurait durer qui n’aurait germé de notre propre volonté, notre propre génie, notre propre exigence, ou même de nos propres erreurs. Se tromper par soi-même est toujours une meilleure et profitable leçon.

Nous avons tant à faire !

Je lance cet appel à nos auteurs, à l’occasion de l’excellente initiative de Sandrine Andrivon Milton ce samedi 3 décembre de 10h à n13h au centre culturel Camille Darsières, salle des pas perdus.

L’occasion sera donnée aux lecteurs de rencontrer, en un même lieu, des auteurs de genres divers : romanciers, historiens, littérature pour jeunesse, documentaires, photographies… et d’acquérir leurs ouvrages. Cette manifestation est le point de départ de rencontres futures avec d’autres auteurs car il faut mettre en place une dynamique.

Jeff Lafontaine

01/12/2016

auteurs martiniquais
Album : auteurs martiniquais

10 images
Voir l'album

, ,

À propos de evolutionmartinique

Ce blog résulte d’une volonté partagée de ses auteurs d’informer le plus objectivement possible ses lecteurs sans concession, sans langue de bois, sans assujettissement politiques, sans tabou en portant un regard critique et constructif sur notre société, ceux qui la dirigent ou qui font son actualité. Nos principes découlent des valeurs qui nous animent : Ouverture : Indépendance : Liberté : Tolérance et Respect : Le contenu reflète les idées de leurs auteurs dans le respect de chacun, mais aussi de la loi, Une condition impérative s’applique à tous, c’est de de respecter les règles élémentaires de la civilité : les propos injurieux ou outranciers sont évidemment à proscrire. Un modérateur sera chargé de veiller à ce principe incontournable.

Voir tous les articles de evolutionmartinique

Inscrivez vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus