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Da Costa – L’histoire d’un Noir libre au Canada.

Da Costa

Par Roger Tranquille. Celle d’un Noir, pas comme les autres, un Noir qui a donné au monde, toutes preuves que les Noirs n’ont rien à envier aux Blancs. Considérés comme des sou-humains, comme du bétail, ayant abouti à l’esclavage des Africains déportés aux Amériques, les Noirs n’ont pas toujours intéressé l’histoire, en dehors de l’esclavage, dont ils furent les victimes.

Pourtant, nombre d’entre eux, en autodidactes, ont étalé leur ingéniosité, leur capacité à se hisser, non pas au niveau des blancs, mais au-dessus d’eux, et ce, dans plusieurs domaines.

L’histoire à la demande

Pendant très longtemps l’histoire a refusé d’admettre cette capacité à pratiquer la navigation en haute mer par les Africains, bien avant les Européens, depuis une préhistoire, celle qui précède la préhistoire des Européens, estimant que ce ne pouvait être que la chasse gardée des blancs.

Des recherches dignes de foi démontrent, preuves à l’appui, que les Noirs-Africains avaient traversé les océans bien avant les blancs qui ne pratiquaient que du cabotage.

Un Noir pas comme les autres

Son histoire ne date pas de la préhistoire, mais elle est révélatrice  du génie de certains Noirs.

La première personne noire libre ayant posé les pieds sur les terres du Canada en 1605 fut Mathieu Da Costa, travaillant pour le compte de l’explorateur français Samuel de Champlain.

Homme libre, Da Costa a été engagé en qualité d’interprète au Canada, comme c’était la pratique depuis un siècle déjà, le long des côtes africaines.

L’idée de Samuel Champlain d’engager Da Costa résultait des facilités de communication avantageuses pour l’explorateur.

Un niveau de culture et de savoir au-dessus des normes

Comment Da Costa est-il arrivé au Canada ? Difficile de le savoir ! Comme beaucoup d’autres Africains de divers pays résidant le long des côtes d’Afrique, jusqu’au sud du continent, il était polyglotte, s’exprimant avec une aisance remarquable.

Fait extraordinaire, Da Costa parlait parfaitement la langue des Amérindiens, donnant encore plus d’éclat à son adaptation rapide aux différentes langues, et la preuve d’une intelligence hors norme.

Contrairement aux Africains réduits en esclavage, Da Costa était fortement rémunéré par ses employeurs.

Toutefois, s’il était à peu près normal que Da Costa s’exprimât sans aucune difficulté en Français, Néerlandais, Portugais, Anglais, Espagnol, des langues pratiquées sur les côtes d’Afrique, on n’a jamais su comment il s’était approprié la langue des Amérindiens.

Le génie de Da Costa

On avança qu’il fit le rapprochement avec le « Pidgin basque », sorte de fusion entre le basque et la langue amérindienne, fusion simple et rudimentaire s’appuyant sur les expressions des langues maternelles.

Pour expliquer le tout, il convient de savoir que les Basques qui furent de grands navigateurs, s’aventuraient dans le golfe de Biscaye, et que par ailleurs, les Amérindiens ont laissé les traces de leur fréquentations répétées sur l’île aux Basques.

On imagine aisément qu’un commerce s’est établi entre les deux peuples. Certains considèrent l’île aux Basques comme le lieu des premiers échanges commerciaux entre Européens et Amérindiens dans le Saint-Laurent.

Da Costa avait donc cette capacité d’adaptation, et de compréhension rapides et naturelles, qui n’appartiennent qu’aux cerveaux supérieurs.

Da Costa l’énigmatique

L’histoire a très peu retenu de Mathieu Da Costa, certainement qu’un noir, fut-il libre, arrivé au Canada n’enthousiasmait pas grand monde.

Toujours est-il, le personnage est fascinant, et insaisissable, il a travaillé en homme noir libre comme interprète, pour le compte de plusieurs commerçants et explorateurs français et Hollandais du début du 17ème siècle.                                                                                                                                      

Da Costa compte parmi les personnages les plus fascinants (et les plus insaisissables) du début de l’histoire canadienne. On en sait très peu à son sujet, sauf qu’il est considéré comme étant  le premier Noir ayant visité le Canada.

Mathieu Da Costa en Hollande

En février 1607, des documents prouvent la présence de Da Costa en Hollande, et permettent de croire que l’Africain interprète, érudit, et polyglotte, fut enlevé aux Français du Canada, par les Hollandais.

En décembre 1609 Da Costa fut emprisonné en France (au Havre), pour………insolence !

Elevé à la reconnaissance nationale au Canada

Emprisonné pour insolence en France, puis oublié, Mathieu Da Costa est honoré au Canada, où l’on commémore sa venue au début du 17ème siècle.

« Le défi Mathieu Da Costa » est un concours annuel de création littéraire et de dessins, lancé en 1996, il encourage les jeunes à découvrir la diversité qui a fait le Canada d’aujourd’hui, et le rôle de premier plan que joue le pluralisme au sein de la société canadienne.

Seul le génie de cet homme lui conféra cette valeur, pas la couleur de sa peau !

Roger Tranquille

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