Le PPM …………..la nébuleuse ?

30 avril 2016

Politique

Le PPM …………..la nébuleuse ?

Par Roger Tranquille. La défaite de décembre 2015, serait-elle révélatrice d’une gestion interne ayant perdu certains repères, rendant compliquée la gestion externe ? Une gestion externe devenue floue au sein de ce grand parti, fondé par Aimé Césaire et Pierre Aliker en 1958.

Pour comprendre ce qui se passe dans ce parti, l’un des plus importants de Martinique, il convient de revenir aux années 1970/1980.
Le PPM se définissait à l’origine comme « un parti nationaliste, démocratique et anticolonialiste, inspiré de l’idéal socialiste » (art. 3 de ses statuts).
Des indépendantistes l’on rejoint, certains se sont conformés à la ligne de conduite du Parti, le cas de Rodolphe Désiré, et de Edouard De Lépine, d’autres sont partis au MIM……Des mouvements qui ont eu le mérite de clarifier la situation, même si l’étiquète indépendantiste a toujours flotté au-dessus du siège de Trénelle, en dépit du moratoire de Césaire qui n’a pas fait l’unanimité, mais c’était Aimé Césaire !

Existence de courants différents au PPM
Depuis bien longtemps le parti de Trénelle n’a pas effectué une vraie convention, entre deux congrès, question de se regarder en face, se dire ce qu’il faut se dire, laisser s’exprimer les fortes personnalités, des personnalités qui soient en mesure de donner un souffle nouveau.
Une autre trajectoire qui serait de nature à permettre une vie plus intense au sein du PPM, qui ne dispose plus depuis plusieurs années de personnalités fortes en nombre suffisant au-dessus de la masse.
Un homme seul, s’appelle-t-il Serge Letchimy, avec un calendrier politique démentiel, se voit confronté à une gestion insuffisante.
Et même avec l’existence de courants différents, ce qui est inévitable, cela a toujours existé dans les partis, s’ils sont bien contrôlés, ils peuvent être un atout, ce que le fondateur Aimé Césaire, a su bien faire, avec les Darsières, De Lépine, Aliker, Désiré, tandis que, Arthur Régis fut contraint de revoir sa copie .

PPM – l’interrogation
Il est devenu un parcours du combattant de tenir une convention digne de ce nom, en dépit de la cuisante défaite aux élections à la CTM, et pourtant tout concourt à réunir cette convention au plus tôt.
Le parti semble épuisé, incapable de réagir, de lutter, pour redonner confiance, le danger guette.

PPM et EPMN : trop beaux trop tôt ?
La victoire a fui le PPM et le groupe EPMN, trop confiants, et surtout aveuglés par des réalisations et des perspectives, que les Martiniquais les plus avertis savent apprécier, malheureusement, ceux-là ne sont pas les plus nombreux aux urnes, face à une stratégie populiste, qu’ils n’ont pas analysée à sa juste valeur.
Ce sont ces énigmes-là qu’il convient de prendre en compte, c’est à ce niveau que le chef de file PPM de EPMN a failli, négligeant qu’en politique, une bataille n’est jamais gagnée d’avance, tant que les derniers bulletins n’ont pas été comptabilisés, et la victoire finale proclamée.

L’après élection
La CTM est entrain de pédaler dans le vide, avec en prime cinq mois de retard qui ne seront jamais comblés.
Cinq mois de retard, pour avoir abandonné des actions planifiées, ou mise en place par la dernière gouvernance de la Région.
Tout cela se traduit en perte d’argent pour la collectivité, et un désordre social dans le pays.
Dans le même temps, le PPM n’est pas en mesure de mettre à profit cette carence pour engager sa refondation, et repartir en contre, en prenant le temps nécessaire, en vue des prochaines échéances électorales qui seront déterminantes.
EPMN est entrain de stagner, la défection des socialistes, et la mise en sommeil des autres composantes, donnent l’impression d’un vide impressionnant, une situation bancale.
La campagne d’explication à tout va, devrait se faire au préalable, non pas sur les médias, mais au sein du parti, pour définir la stratégie.
Pas une semaine ne passe si un représentant du PPM ne succombe à l’appel des médias, alors que le parti n’a pas encore défini sa stratégie.
Mais le PPM est incapable de tenir une convention entre deux congrès, convention qui permettrait de mettre l’accent sur les carences, et réparer cette inertie qui a conduit à l’échec.

Il fallait d’abord mettre de l’ordre dans la maison.
Il convenait de revoir le fonctionnement du parti, veiller à la démocratie non pas dans les organigrammes du parti, mais dans le fonctionnement et les postures, gommer ce que fut sa communication de campagne, qui n’atteignait jamais le but escompté, assumer l’instrumentalisation de certains dits » électrons libres », stopper la chasse aux sorcières, bref, resserrer les liens par une courageuse reprise en main générale, de nature à gérer la défaite de décembre 2015. Les adhérents ne sont plus des militants mais sont devenus des « fans ». Il ne peut être envisagé un retour aux affaires, quel que soit le chef de file, si la défaite de Décembre n’a pas été analysée avec minutie, pour ne pas commettre les mêmes erreurs.

Précédemment nous évoquions la politique martiniquaise qui tourne en rond, le cas PPM est un exemple édifiant.

Le danger
Aujourd’hui les personnalités fortes que furent Aimé Césaire, Camille Darsières, Pierre Aliker, sont tous décédés, des ténors qui n’ont perdu aucun combat politique, tandis qu’Edouard De Lépine, le patriarche est un retraité politique, et à un degré moindre Rodolphe Désiré, ne devrait pas aspirer à un poste à responsabilité politique, mais très précieux tous les deux par leur sagesse, et leur expérience.
Il y a donc obligation de bien contrôler les destinées du parti créé par Aimé Césaire et Pierre Aliker, tout en allant vers une évolution obligatoire néanmoins intelligente.
Les deux dernières grosses pointures du PPM, Edouard De Lépine, et Rodolphe Désiré, devront jouer ce rôle de modérateur qui leur revient de plein droit, aux côtés de Serge Letchimy, et des jeunes talents qui existent bien, pour éviter que n’apparaissent des courants, des courants à l’intérieur, pour conquérir prématurément la direction du parti, ce n’est pas sur ce terrain-là que doivent se croiser les fers.
La situation qui s’installe depuis décembre au PPM, ressemble étrangement à un un vide dont la conséquence serait de l’entrainer dans un tourbillon infernal, sur les sentiers de la disparition, car la nature a horreur du vide. Le parti communiste martiniquais en est un exemple marquant !

Une convention pourquoi faire ?
Pour écarter tout balbutiement? mettre en place une véritable campagne de reconquête, qui va passer irrémédiablement par les prochaines élections législatives?
Réveiller les troupes? Pour dépoussiérer les statuts qui datent de 1958, déjà plus d’un demi-siècle. Pour sortir de la logiquede promotion des femmes et des hommes et d’accession aux postes, pour rentrer dans une dynamique de promotion des iées, des projets et d’acession à la responsabilité?
Il y a du boulot !

 Roger Tranquille.

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