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La politique martiniquaise tourne en rond

tourne en rond

Par Roger Tranquille. L’offre politique est pauvre, et ce n’est pas aujourd’hui qu’on sortira de cette situation. C’est la structure du paysage politique qui l’induit, voire la mentalité des femmes et des hommes politiques qui sont aux commandes des différents partis politiques.A terme, la disparition de certaines organisations ou partis politiques, ne surprendra plus personne, si une offre attrayante n’est proposée.

Le PCM
Ainsi le Parti communiste Martiniquais n’a presque plus d’électorat, pas d’élus principaux dans les communes et les autres collectivités. Bien entendu Michel Branchi est un élu de la CTM, mais face aux électeurs et portant les couleurs du PCM seul, il ne ferait pas mieux que les listes dites petites, lors des consultations de décembre 2015. A la décharge du PCM, il convient d’admettre que le parti local a suivi le courant à travers l’Europe, depuis la chute du mur de Berlin, l’explosion de l’URSS, et notamment en France, avec le décès de Georges Marchais, jamais remplacé. Dans l’hexagone, pas grand monde ne sait aujourd’hui, qui est aux commandes du PCM.

Les Républicains de Martinique
La droite locale est exactement dans la même situation, à la différence, que sa tutelle Hexagonale tient encore la main, après de multiples actions rénovatrices.Sur le plan local, elle s’est faite absorbée par le PPM, en très grande partie. Morne-Rouge avec un bémol, Macouba, Rivière-Salée et Saint Esprit, deuxième bémol, sont les quatre seules communes dirigées par la droite, avec cette particularité, que le Maire de Saint Esprit, Président du parti « Les Républicains » de Martinique a scellé un accord de gouvernance pour la CTM, avec le MIM, le Parti Indépendantiste Martiniquais, que certains vieux gaullistes n’ont pas encore digéré, difficile de comprendre son positionnement, lui qui avait favorisé l’élection à la communauté de l’Espace sud d’un candidat du MIM, au détriment de celui de son parti.

PPM – EPMN
Le PPM à gauche, s’est entouré de nombreux maires aux courants politiques plus ou moins différents, sans faire le grand écart, pour former, EPMN, Ensemble pour une Martinique Nouvelle. L’idée fut séduisante au départ, sauf qu’il fallait mettre à profit ce regroupement, éviter toute idée hégémonique bien tentante, et faire une offre politique nouvelle aux Martiniquais, en mettant en commun les matières grises. Avec le décès de Camille Darsières, la dissidence de Claude Lise, qui a créé le RDM, un échec cuisant, le départ d’Aimé Césaire de la vie politique, puis son décès, le décès de Pierre Aliker, que reste-t-il du PPM ? La rénovation et le remodelage s’imposent, pour donner un souffle nouveau en adéquation avec les temps nouveaux, car dans les têtes des nouvelles générations, le PPM a vécu, est vieillot, comme avait écu l’UNR du Général De Gaulle Transformée en RPR par Jacques Chirac, puis UMP et les Républicains par Nicolas Sarkozy. L’offre politique nouvelle, plus large, avec des forces émergentes venant d’autres horizons, en s’appuyant sur d’autres idées et d’autres concepts novateurs a tendu les bras à Serge Letchimy qui a eu l’idée de donner vie à Ensemble Pour une Martinique Nouvelle, l’initiative a séduit biens des élus de droite, mais paradoxalement cela n’a pas suffi, il eut fallu descendre à la base, car c’est elle qui décide. En passant à côté de cette opportunité, pour des raisons méconnues, Serge Letchimy et EPMN ont échoué au pied du podium, ratant la transformation de l’essai réalisé en 2010. Echec historique diront certains.

Le parti socialiste
Un véritable leurre, qui a fait illusion du temps de Maurice Dogué, maire de Ducos et député. Une scission sous la houlette d’Ernest Wan Ajouhu, maire et conseiller général du François, scission qui a fait long feu. Un leurre, et surtout un paradoxe, le PS martiniquais possède tout de même un maire en la personne de Frédéric Buval, à la Trinité, un député européen, Louis-Joseph Manscour battu tout de même aux législatives dans sa circonscription par Alfred Marie-Jeanne qui débarquait……Pas grand monde n’y croyait, c’est dire la faiblesse de la fédération martiniquaise du PS……..Illustration parfaite du non renouvellement en politique

Le MIM – Mouvement Indépendantiste Martiniquais
Depuis une quarantaine d’années Alfred Marie-Jeanne et Daniel Marie-Sainte entretiennent un flou politique martelant qu’ils sont d’authentiques indépendantistes à longueur d’années. Depuis cette quarantaine d’années les dirigeants du MIM martèlent aussi, que l’indépendance n’est pas à l’ordre du jour…..Un discours qui ne change pas, et toujours aucun grand projet pour le pays Martinique.

Des sinuosités politiques depuis des lustres
L’homme vertical qui avait une sainte horreur des élections nationales (présidence de la République, sénatoriales, législatives), laissant l’organisation des scrutins aux bons soins de la Préfecture, se rend compte qu’être député n’est pas rien, il est élu député dans le sud, puis au Centre Atlantique, permettant à son « fils spirituel » de se faire élire dans un fauteuil, dans la circonscription du sud, donnant ainsi deux députés indépendantistes à la Martinique, lui-même élu dans le centre atlantique, à la faveur de l’une des plus grosses gaffes politiques du patron du PPM, s’étant mis à dos Philippe Edmond-Mariette…….Encore un paradoxe de la politique martiniquaise !

Le désert politique
Les autres partis n’ont jamais eu qu’un espace d’expression lors de ces consultations. Mais alors, pourquoi une telle situation qui a pour incidence de créer un sentiment de méfiance à l’égard du politique, au regard des forts taux d’abstention ? L’électeur martiniquais est dans le brouillard le plus total, parce qu’aucune offre intéressante ne lui est proposée…..Le désamour s’installe de plus en plus ! Faut-il en déduire que c’est le retour des perdants qui en est la cause ? Comment imaginer que l’on puisse restaurer la confiance perdue quelques années plus tôt? C’est donc le manque de renouvellement qui induirait cette faiblesse dans le paysage politique martiniquais…..On reprend ceux qui ont perdu, et on essaie de recommencer !

L’exemple anglo-saxon
« Dans les pays anglo-saxons, le candidat au poste de chef élu de l’exécutif (chef du parti vainqueur des législatives en Grande-Bretagne, Président de la République aux Etats-Unis) ne se représente jamais s’il a été battu une seule fois, qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition au moment des élections (la seule exception étant celle de Richard Nixon aux Etats-Unis, battu à la présidentielle de 1960, et vainqueur de celle de 1969.) »
Bien entendu il ne s’agit pas d’une loi imposée, et bien moins d’un article, inscrit dans la constitution, d’ailleurs la Grande Bretagne n’en a pas, il s’agit plus exactement d’une prise de conscience politique individuelle. Seul Lionel Jospin avait pris la décision de se retirer après son échec à la présidentielle, ce que les Français de son parti avaient déploré. En revanche, François Mitterrand avait essuyé plusieurs échecs avant d’être élu président, scellant quatorze ans plus tard au bout de deux septennats, le sort de Lionel Jospin en faisant de Jacques Chirac son candidat à la présidentielle.

La question reste posée.
Est-il nécessaire, est-ce une bonne stratégie qu’un politique de qualité renonce définitivement à briguer un mandat à un poste qu’il a occupé, au nom du renouvellement? Cependant, il est suicidaire de continuer comme si de rien n’était, avec comme unique objectif de revenir. Ce qui importe, c’est l’offre nouvelle à proposer, le projet clair et chiffré à soumettre, les orientations de gouvernance sans ambiguïté……En clair une politique sans équivoque, mais est-ce que cette politique-là existe ?

Inquiétude
Au bout de la mandature de la CTM, si Serge Letchimy décide de se retirer, compte tenu de la pauvreté du paysage politique, qu’il convient de penser qu’Alfred Marie-Jeanne et Claude Lise arrivent au bout de leur carrière politique, que Daniel Marie-Sainte, est lui aussi atteint par la limite d’âge non fixée officiellement, d’autant que seul face aux électeurs il ne représente que lui, il est inquiétant d’imaginer ce que sera le futur de la Martinique qui n’a jamais su se renouveler politiquement, même si les postulants au renouvellement existent, mais sans responsabilité, et il en existe dans tous les partis.

Roger Tranquille

 

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5 Commentaires

  1. François

    3 mai, 2016 à 14:36

    Ce n’est pas un commentaire, mais un sujet de réflexion.

    La dissolution des partis politiques

    La Martinique a besoin d’un renouvellement des partis politiques. Aujourd’hui, nous avons un conflit de génération dans l’appareil administratif et le mal développement s’explique par ce fait. Il faut une remise en question de la population Martiniquaise qui ne porte aucun jugement sur la capacité des individus qui drainent une politique d »après guerre. Vous conduisez des hommes à vous gérer qui normalement devaient être au repos. Soixante ans est la limite d’âge acceptable pour garder une motivation en politique. Vous imaginez Mr Marie-Jeanne avec un procès et les affaires publiques de la Martinique sur le dos aujourd’hui. Comment une population peut donner à quelqu’un supporter une telle croix ?

    C’est sûr qu’il ne va pas renoncer, sont but était de faire sortir Mr Letchimy et ensuite ce sera les affaires. Je vous demande de classer vos étiquettes et prochainement faire confiance à une équipe jeune et vous avez encore des choix possible comme l’UDI, les républicains, Nou pep là(?).
    Il faut que vos partis communiquent sur le plan national. Des partis qui ont une vision extérieure. À partir d’aujourd’hui si les chefs de partis politiques ont aux environs de 55ans, ils seront au seuil d’un renouvellement pour les prochaines élections. Trop vieux engendre des conflits de personnalité et nous en sommes là.
    Nous avons une administration vieillissante et nous appelons au secours avant qu’il ne soit trop tard pour le prochain séisme politique.

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  2. Patrice

    27 avril, 2016 à 22:01

    La droite est sous les ordres du MIM aujourd’hui… Donc on peut dire que la droite n’existe plus.

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    • El denonciator

      4 mai, 2016 à 3:05

      Maignan, Peraste, , Rapha,Lesueur, Bonté… sont au MIM???

      Brillante analyse politique…

      Passez nous de vos inepties

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  3. El denonciator

    27 avril, 2016 à 19:46

    Dire que la droite les Republicains, FMP, PRM, Osons Osez etc, et ses nombreux militants par exemple au parti Republicain ( env 1200 ), ses maires, conseillers municipaux, territoriaux, executifs est PAREIL que le PCM, asé fouté kow zot pa mal di djol nou !

    D ailleurs, derriere JUPPE, vous avez bien vu les Maires du St Esprit, du Morne Rouge et du Marigot soutenir CLAIREMENT le candidat de la droite francaise….

    Donc assez de paroles INUTILES, et corrigez vos anneries SVP et arretez de tromper le peuple

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  4. El denonciator

    27 avril, 2016 à 19:41

    Eeeehhh, avant de faire des bad buzz, pourriez vous eviter de manipuler les informations et ecrire de facon tronquée ????

    Case Pilote sé ki sa?
    St Pierre sé ki sa?
    Marigot sé ki sa????
    Ajoupa Bouillon sé ki sa???

    Pour info, c est quand meme la droite qui est un des groupes avec le plus de mairie en Martinique, alors mettre St Esprit et Macouba uniquement , c est vraiment faire preuve d une mauvaise foi sans vergogne!

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