Lycée Schœlcher : Que faire ?

Lycée Schœlcher : Que faire ?

Ce projet, évalué à 60 millions d’euros au stade des études et sans doute entre 70 et 80 millions non compris le lycée de transit ex-hôpital Victor FOUCHE évalué à 35 millions d’euros) une fois les travaux achevés est-il toujours nécessaire ? Ce montant représente le cout des deux lycées ACAJOU II et Joseph ZOBEL, construits il y a 25 ans, sur des terrains extrêmement difficiles qui ont nécessité de très gros travaux de terrassement.

La collectivité territoriale de Martinique, peut-elle se permettre de consacrer à un seul lycée, autant de moyens financiers quand beaucoup d’autres (collèges et lycées), parsemés de containeurs aménagés en salle de classe, mériteraient de très sérieux efforts ?
L’ouverture de lycées autour de Fort-de-France et dans les communes au cours de 20 dernières années (ACAJOU I et II et PLACE D’ARMES au Lamentin, Lycée de BELLEFONTAINE, Lycée SAINT-JAMES de Saint-Pierre, Lycée Joseph PERNOCK du Lorrain, Lycée de SAINTE-MARIE, Lycée LA JETEE au François, Lycée Joseph ZOBEL, Lycée MONTGERALD, Lycée CENTRE-SUD de Ducos) a progressivement réduit le flux d’élèves venant des communes, qui fournissait au moins la moitié des effectifs des lycées de Fort-de-France. A cela s’ajoutent les effets de la baisse démographique, laquelle entraine une réduction des effectifs qui frappent de plein fouet le 1er cycle du second degré qui se répercute en 2nde, 1ère et Telle.
Compte tenu de ces éléments, dispose-t-on de suffisamment d’élèves, orientés en 2nde, afin de permettre le maintien, dans les 20 ans qui viennent, de 3 gros lycées de Fort-de-France, c’est-à-dire le Lycée SCHOELCHER, le Lycée de BELLEVUE et le Lycée Joseph GAILLARD.
Si la réponse est non, ce que je crois, la reconstruction du Lycée Schœlcher se traduira par un investissement de 60 à 80 millions d’euros non seulement inutile mais qui risque d’entrainer, à termes, la fermeture du Lycée Joseph GAILLARD, fréquenté par des jeunes en majorité issus des catégories populaires et laborieuses de la population.

 

Le tableau ci-joint semble répondre à la question

Entre la rentrée 2008 et la rentrée 2015, les effectifs des classes de 3ème qui alimentent les classes de secondes des lycées généraux, technologiques et professionnels de Fort-de-France ont perdu 300 élèves. Cette chute va se poursuivre et même s’amplifier dans les années à venir.
Alors que faire ?
Est-il possible de résoudre les difficultés présentées précédemment, en permettant une sortie par le haut, susceptible d’apporter un vrai plus au développement de la formation et de la qualification des jeunes martiniquais.
L’idée principale est de maintenir le lycée Schœlcher en en faisant un lycée dédié exclusivement au post baccalauréat : classes préparatoires, BTS et licences professionnelles (en accord avec l’Université des Antilles), offrant aux étudiants obtenant le BTS et qui le désirent, une poursuite en Licence professionnelle qui fait largement défaut aujourd’hui.
Un effectif de l’ordre de 600 étudiants-800 étudiants serait visé. En outre, l’internat d’excellence situé non loin du lycée Schœlcher (avenue Condorcet) le dispenserait d’en disposer. La pratique sportive se déroulerait sur le campus universitaire de Schœlcher.

Ce projet pourrait être mis en œuvre en réalisant une opération tiroir, qui nécessitera de réduire les effectifs de l’actuel lycée Schœlcher, en n’y affectant plus d’élèves de seconde, à la rentrée 20016. N’y resterait cette année que des classes de 1ère et de Terminale, puis les seules classes Terminale à la rentrée 2017. Les travaux pourraient alors débuter. Les lycées Joseph GAILLARD et BELLEVUE suffiraient pour l’accueil des élèves, de la seconde en 2016 jusqu’à la terminale à compter de 2018.

Pour l’essentiel, les plateformes supérieures (anciennement utilisées comme internat) et inférieures accueilleraient les structures du nouvel établissement. La partie basse (actuelle entrée, bureaux, CDI, intendance, rotonde, etc.), visible de la route verrait sa tenue au séisme améliorée et deviendrait, à terme, un musée de l’éducation, ce qui permettrait de mettre en lumière Marius HURARD, président du Conseil général à 32 ans, député à 33 ans, qui, deux ans avant les Lois de Jules FERRY, installa en Martinique l’école publique et laïque, créa le Lycée de Saint-Pierre en 1881 et le pensionnat colonial de jeunes filles en 1884.

Karl PAOLO
7 février 2016

 

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9 Réponses à “Lycée Schœlcher : Que faire ?”

  1. François Dit :

    Il faut reconstruire ce lycée, mais pas sur le même site. Il faut un espace de verdure et un accès plus facile à tout moment. Ce site aurait dû être rénové pour accueillir un centre de congrès plus des chambres d’hôtels. La CTM a largement de temps pour simuler des rentrées scolaires à Tartenson avant septembre 2016.

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  2. Géraud Dit :

    Comme il est navrant et désespérant de constater que certains de nos compatriotes sont addictés à la critique pavlovienne.

    On a le sentiment qu’aucune idée ou point de vue ne doit être émis dans ce pays ou territoire si elle est à contre-courant de ce qu’un leader ou autorité a déclaré auparavant.

    On peut ne pas partager le point de vue ou l’opinion d’une personne.
    Néanmoins lorsque l’opinion ou le point de vue s’appuie sur des arguments étayés, on doit S’EFFORCER DE CONTRE-ARGUMENTER en faisant preuve de rigueur intellectuelle également.

    Si certains peuples ont une longueur d’avance sur d’autres c’est parce qu’ils ont adopté une démarche scientifique face à ce qu’ils ne comprennent pas de prime abord.
    Si au lieu de se livrer à une flagellation émotionnelle dès qu’un point de vue ou une opinion sortait des clous, l’effort de la réflexion, de la recherche de contre-arguments était SYSTÉMATIQUEMENT privilégiés, à n’en pas douter notre peuple serait pratiquement ASSURÉ de ne plus être ÉVANESCENT.

    Au lieu de donner dans l’anathème ou les procès d’intention on pourrait PAISIBLEMENT rétorquer à l’auteur de la tribune que la baisse des effectifs dans les collèges de Fort-de-France et de Schœlcher n’est peut-être que conjoncturelle ou non significative pour justifier la reconversion du lycée Schœlcher en un établissement dédié aux classes post-bac.
    On pourrait également suggérer que le nouveau lycée Schœlcher doit pouvoir comporter un bâtiment pour accueillir les post-bac.

    Il est donc PARFAITEMENT POSSIBLE à qui veut bien fournir un effort intellectuel de compléter ou contester la thèse de l’auteur de la tribune SANS POUR AUTANT insulter, vilipender, vouer aux gémonies.

    On peut DIFFICILEMENT suspecter l’auteur de cette tribune d’arrière-pensée pour la simple et bonne raison qu’il a subi les foudres du président de la CTM à l’époque où il était directeur du CFA de Ducos pour les raisons que tout un chacun sait.

    D’aucuns disent qu’il y a de mauvais perdants.
    Mais on pourrait dire qu’il y a également d’inutiles arrogants.
    L’arrogance n’a pas sa place lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des Martiniquais et de notre pays.

    Qui sait combien de temps durera l’alliance qui gère la CTM ?

    Toutes les opinions ou points de vue doivent être respectés.

    Il est DÉPLORABLE que sectarisme et mentalité grégaire prévalent dans notre pays en ce 21è siècle.
    On en a eu la preuve lors de la campagne pour les élections territoriales où la liste départementale a été l’objet d’un ostracisme médiatique infâme.
    Certes, le piètre score qu’elle a obtenu est SANS CONTESTE la conséquence de l’agitation GROTESQUE d’un épouvantail visant à faire croire que la carte vitale ne sera plus acceptée par les professionnels de santé de la France hexagonale si d’aventure l’une des huit autres listes l’emportait.
    Néanmoins cette liste n’a pas concouru sur un même pied d’égalité avec les autres.

    Quoiqu’il en soit, il importe que tout internaute fasse preuve de réflexion pour aligner des arguments étayés si toutefois il souhaite exprimer sa désapprobation à l’égard d’une opinion qui ne le sied pas.

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    • Karl PAOLO Dit :

      Cher monsieur,

      La baisse des effectifs scolaires n’est nullement, hélas conjoncturelle.
      Elle s’observe dans les écoles primaires et elle est liée à la baisse de la natalité.
      Cette baisse est durable et rien ne permet de penser que ce phénomène se retournera.
      Dans ces conditions, et pour trouver le moyen de maintenir 3 lycées sur Fort-de-France, j’ai imaginé rebattre les cartes et distinguant le second cycle du second degré du post bac. Cela parait d’autant plus justifié que la psychologie des élèves (2nde, 1ère et Telle) est très différente de celles des étudiants en BTS ou inscrits en prépa. Dans les lycées qui proposent l’ensemble de ces niveaux, élèves et étudiants ne se mélangent pas. En outre les besoins sur le plan pédagogique et didactique ne sont pas les mêmes et rien n’interdirait d’imaginer des locaux qui leurs soient spécifiquement dédiés, aux uns et aux autres.
      Ce que je souhaite aussi éviter, c’est que du fait de la baisse démographique, le lycée Joseph GAILLARD où j’ai exercé en arrive à fermer ses portes dans 10 ans, par manque d’élèves en seconde, parce que de mauvaises décisions auraient été prises aujourd’hui. Ce serait catastrophique, non seulement sur le plan éducatif mais aussi culturel car cet établissement a une place particulière au sein du système éducatif.

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  3. Roger Tranquille Dit :

    A propos du Lycée Schœlcher, se posent plusieurs questions.
    Maintenir un lien culturel, même à un prix fort ne semble pas une fantaisie.
    Un pays a toujours besoin d’édifices remis aux normes, pour que reste ce sentiment de fierté, ce pan de la culture incontournable, que soit opérée la préservation du témoin de son passé culturel, architecturale.
    Penchons nous un peu sur les destructions opérées par l’état islamique, une véritable catastrophe, je ne dis pas qu’il y a comparaison.
    C’est comme si on rasait les ruines de Saint Pierre pour y ériger un complexe sportif, ou un centre commercial, et pourtant cela coûte d’entretenir des ruines, mais c’est l’histoire d’une ville la culture d’un pays.
    Alors on dira que par les temps qui courent, il n’y a pas de place pour les fantaisies. Mais alors l’histoire conservée et la culture sont elles des fantaisies? J’ai mon idée la dessus, comme je suis certain que la culture ne se rentabilise que par ce que nos enfants et nous mêmes emmagasinons en savoir, en clair, les retombées ne sont pas financières mais éducatives.
    Au prétexte qu’il y a une baisse des effectifs scolaires, on fait table rase du Lycée Schœlcher, il convient que ceux qui sont à la gouvernance de bien réfléchir, de faire le choix qui tiendra compte des paramètres cités précédemment, avant toute décision qui pourrait être regrettée un jour.
    Un jour, lorsque nos jeunes demanderont, ce qu’était ce fameux lycée Schœlcher.
    Et pour conclure, le patronyme Schœlcher peut déranger certains, mais ce qu’il ne faut pas oublier, car c’est l’histoire impitoyable, si Victor Schœlcher n’est pas le père de l’abolition de l’esclavage en Martinique, il n’en demeure pas moins qu’il contribua très fortement à rendre l’idée d’abolir l’esclavage en mesure de faire du chemin, la suite on la connaît, et il reste encore à faire pour que les Martiniquais s’en affranchissent définitivement.

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  4. Roger Tranquille Dit :

    Il est dur de constater qu’à chaque fois que les Martiniquais s’expriment dans un forum, c’est pour s’invectiver, s’injurier.
    Pourquoi ne pas émettre ses idées sans s’en prendre à ceux qui ne pensent pas comme soi.
    Le pays Martinique s’enfonce dans une nébuleuse dont nos enfants auront les pires difficultés à s’en extirper.
    Observons un arrêt sur image, posons nous la question: « Où nous conduiront les invectives injures et insultent »?
    Je me ferai incendier certainement, mais je ne regrette pas d’exprimer ce sentiment.

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  5. Raymond Dit :

    Karl PAOLO qui es tu???
    Es tu un missionné de l’équipe en place à qui on a demandé de faire passer des messages !!!
    Fais le nous savoir…

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    • Karl PAOLO Dit :

      Cher Anonyme,

      Je ne suis missionné par personne, sinon que par ma conscience.
      J’ai fait une proposition qui me parait aller dans le sens des intérêts des élèves, des étudiants (en post bac) et de l’intérêt général.
      Ceux qui décident feront ce qu’ils voudront.
      Par contre, ils ne pourront pas dire qu’ils n’ont pas été éclairés.
      Je considère que notre pays ne peut attendre éternellement les solutions qui permettraient d’améliorer le sort des 2/3 des martiniquais qui regardent le tiers restant vivre confortablement.
      Il faut donc tenter de trouver le meilleur usage de l’argent public, majoritairement produit des impôts et taxes que nous payons.
      Ma contribution s’arrête là!

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  6. kaskod Dit :

    Subitement des idées. ..Et ce monsieur était le cerveau de Capgras. Alfred a raison il faut tout raser d’abord et le terrain nu. ..on verra pourquoi pas un hôtel où un Palais des sports Alfred Marie-Jeanne. Nettoyer le Lycée après on verra. Hurrard? Y -t-il une rue qui porte son nom en Martinique? Karl chante à pleine voix la corbeille fleurie.

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    • Karl PAOLO Dit :

      Regrettable erreur, cher Monsieur qui m’appelez par mon prénom, sans doute parce que vous me connaissez.
      Une école primaire anciennement annexée à l’Ecole Normale, aujourd’hui l’Espé, porte le nom de ce grand martiniquais que fut Marius HURRARD!!!
      Quand à feu CAPGRAS, c’était il y a 25 ans et il y a sans doute prescription!!!
      Mon cher contradicteur, j’avais déjà ces idées il y a 10 ans mais dans notre pays, seuls ceux qui en détiennent les rênes, à l’exclusion de tout autre, considèrent avoir le monopole des idées. Et comme vous le savez, il n’y a pire sourd celui qui ne veut pas entendre!!!

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