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A toute chose, malheur est bon !

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Une des conséquences de la marée noire qui s’étend depuis plus d’un mois dans Golfe du Mexique, pourrait bien être un rapprochement entre Cuba et les USA.

Cuba envisage en effet l’exploitation de ses immenses réserves de brut au large de sa côte nord, à quelques encablures de la Floride. De son côté, l’administration étasunienne, déjà passablement embarrassée par cette calamité occasionnée par l’explosion de la plate forme de BP, cherche à prendre les devants, afin d’éviter une éventuelle réplique dans les eaux cubaines.

On sait que Repsol, la compagnie pétrolière espagnole doit commencer l’exploitation de sa concession d’ici la fin de cette année avec une plate forme en eau profonde de fabrication chinoise, ce qui inquiète les spécialistes US. De leurs côtés, Statoil Hydro, la compagnie norvégienne et Petrobras la brésilienne, entendent suivre d’ici deux ou trois ans.

De ce fait et suite à la catastrophe BP, l’on passe de la théorie à la réalité et selon une étude de la célèbre Brookings Institution (1), l’idée qu’une marée noire issue des eaux cubaines pourrait atteindre et souiller des centaines de kilomètres de plages et de côtes de Floride et causer des dégâts quasi irréversibles, oblige Washington à une coopération et un traitement prospectif d’une telle situation avec La Havane.

Selon Jorge Piñon, qui a dirigé l’étude de la Brookings Institute, si une marée noire comme celle occasionnée par BP se présentait à Cuba, les USA n’y pourrait rien, à cause très précisément de leur embargo imposé à l’île depuis près de 50 ans, alors que Washington pourrait intervenir immédiatement dans les eaux mexicaines et Bahamiennes. Il en est de même pour des sociétés étasuniennes qui pourraient commencer le nettoyage des sites souillés en moins de 24 heures.

Jorge Piñon propose alors une série de mesures à prendre immédiatement, sans toutefois selon lui violer l’embargo. Des mesures qui vont de l’exportation temporaires d’équipements et de technologies nécessaires à prévenir et contrôler les éventuelles fuites de brut, l’autorisation de voyage à Cuba pour des ingénieurs et experts en environnement qui pourraient aider en cas de danger, ainsi que des exercices communs, afin de coordonner les réponses adéquates à une telle éventuelle catastrophe.

Tout cela est bien beau, mais se heurte déjà à la farouche opposition des faucons cubano-américains qui y voient une manière déguisée d’aider le régime cubain. Des faucons qui pourtant, s’accordent à dire que de telles mesures tendant à libéraliser le commerce de l’énergie entre les deux pays, pourraient en fin de compte détourner Cuba de l’aide vénézuélienne. Les voilà donc pris entre le marteau de leur bêtise et l’enclume de leur courte vue.

En tout état de cause, des discussions sont bel et bien entamées entres les deux parties et nous ne serions pas surpris de voir que, après la libéralisation du commerce des produits agricoles, de la poste, des télécommunications ; après les discussions sur la drogue et le terrorisme, que l’administration Obama exempte de l’embargo la technologie propre à l’environnement liée à l’exploitation du pétrole. Cela donnerait ainsi davantage de substance à une tendance irréversible de rapprochement entre les deux pays, jusqu’à mettre progressivement un terme définitif à ce long et stupide embargo, relique ridicule de la Guerre froide.

1 – La Brookings Institution est un « think tank » étasunien ayant son siège à Washington DC : voir http://www.brookings.edu/

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Un commentaire

  1. Henri Pastel

    15 juin, 2010 à 19:10

    Bonjour,
    Merci d’avoir publié cet article, toutefois, le nom de l’auteur n’est pas mentionné. De plus il y avait un renvoi concernant la « Brookings Institution » qui ne figure pas en bas de l’article.
    Pourriez-vous rectifier SVP.
    Henri Pastel

    Répondre

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