Accueil Elections Les tenants de l’autonomie cultivent la haine et la discrimination

Les tenants de l’autonomie cultivent la haine et la discrimination

charlesranocollectifdom.jpg

On peut être pour l’article 74 sans être agressif. Le problème, c’est que le rejet de l’autre, de ceux qui ne pensent pas comme eux est si fort, qu’ils s’oublient, laissant libre cours à toutes sortes de violences verbales. Et ce n’est pas qu’à la Martinique. Ces jours derniers je me suis rendu en terre guyanaise pour la promotion de mon ouvrage contre l’autonomie, et pour faire des dédicaces. Cela s’est bien passé dans l’ensemble.

Et pourtant il existe tout de même des faits, dont un suffisamment significatif, pour ne pas le taire. C’est une anecdote insignifiante me direz-vous, mais pas quand cela prend des proportions suffisamment inquiétantes pour en parler. Je me suis entendu dire à mon hôtel, qu’en venant avec mon livre en Guyane, j’apportais le diable. Ce court séjour de la Guyane a cependant été très constructif. J’ai pu apprécier la véritable liberté de parole à RFO TV et radio Guyane. Il en a été de même en Guadeloupe. Visiblement, seuls les 74istes martiniquais n’arrivent pas à être ne phase avec la démocratie.

En Martinique, les autonomistes sont bien plus agressifs, nous accusent de semer la peur, nous traitent d’oxydés, de « ventres » … Ils ont des mots très durs, voire insultants sur les tenants de l’article 73, comme s’il ne nous était pas permis de dire ce que nous pensons être le meilleur pour la Martinique. Cette opposition agressive des 74sistes sonne le glas d’une possible entente cordiale dans une éventuelle collectivité unique avec ou sans le droit commun. J’ai la conviction que la Martinique se dirige tout droit vers un chaos politico-économique. Les peaux de banane seront fréquentes, la peur et l’hypocrisie feront le reste. C’est ce à quoi nous assistons déjà, les coalitions de circonstance et les revirements au gré des intérêts personnels.

La démocratie nous donne la liberté de penser, de circuler, de dire, et d’agir. Inutile de faire semblant d’être démocrate si c’est à la façon de Cuba ou de la Corée du nord. Les 74sistes de Martinique ne sont pas des démocrates. Les « médias » de Martinique sont soumis à l’autoritarisme ambiant qui pèse dans notre département, depuis des années. Il est vrai qu’ici sévit une espèce de terrorisme intellectuel. Il suffit de voir une certaine télévision, et d’écouter certaines radios de propagande dédiées à l’abrutissement des esprits un peu faibles. Je ne comprends pas, entre autre, le fait que les télévisions du département de la Martinique ont reçu mon livre bien longtemps avant les autres départements -la Guadeloupe, la Guyane, et la métropole- RFO Guyane s’est immédiatement intéressée au sujet, ainsi que la Guadeloupe, et même les télés et radios proches des Domiens résidant en France hexagonale, parce qu’il (l’ouvrage) signale l’actualité, ô combien grave, l’histoire de la République et d’une partie de ses DOM ; il explique les relations de rejet et de conflits que nous entretenons depuis deux décennies.

En Guyane, les tenants du 74, occupaient la scène parce qu’il n’y avait pas de groupe organisé pour défendre l’article 73. Il faut savoir que les autonomistes sont sans vraie opposition. (Aujourd’hui le seul qui le faisait c’est le maire de Saint-Laurent du Maroni, Léon BERTRAND, comme par hasard mis en cause par la justice qui a peut-être de bonnes raisons. Mais je trouve que la programmation de ce hasard tombe bien à propos. Les Chiraquiens semblent en ligne de mire en ce moment, et c’est justement à l’approche de la consultation que ce maire de GUYANE se retrouve dans une garde à vue prolongée). Du jour où la population a su que quelqu’un venait avec des arguments contradictoires en opposition à cette pensée unique, les choses ont pris une autre tournure. Je ne fus pas le seul puisque des groupes de citoyens se sont levés pour défendre leur département et l’article 73 qui nous garantit le droit commun ; le professeur Jean Crusol, par ses interventions, a fini de semer un doute profond sur les motivations et les carences des élus autonomo-indépendantistes guyanais. Le contre-pied a été si bien défendu que la population de Cayenne s’est littéralement jetée sur mes livres pendant les dédicaces, posant des questions très pertinentes. Les Guyanais étaient heureux d’entendre Jean Crusol, qui en fait confirmait ce qu’ils lisaient. Mais j’insiste : la télé, et Radio Guyane ont été déterminantes pour les Guyanais, qui n’entendaient que les arguments des autonomistes. Le passage du professeur Jean Crusol a été ravageur pour les tenants du 74. Notre action a fait un bien considérable à la population guyanaise. Les indépendantistes sont cependant très minoritaires, presque inexistants. Donc les données ne sont pas les mêmes dans ces deux départements.

Concernant la Guadeloupe je m’y suis entendu demander si les Martiniquais avaient perdu la tête. La question qui revenait le plus souvent c’était « Comment les Martiniquais ont-ils fait pour élire à la Région Martinique un monsieur qui ressemble dans son comportement à un futur dictateur ? Ils sont surpris d’imaginer la Guadeloupe, restée département d’un côté, et la Martinique abandonnant tous ses droits d’un autre côté. Ils ne comprennent pas. C’est souligner l’erreur commise par plus de 70.000 électeurs aux régionales. C’est la démocratie avec sa beauté et ses risques. Il n’empêche que les violentes interventions verbales se multiplient chez nous, faute d’arguments convaincants. Pour ma part je ne vois pas comment ils pourront justifier les promesses non tenues. Ils semblent conscients de leur défaite prévisible et se comportent en desperados.

La défaite devient une telle possibilité pour eux, qu’ils ne s’intéressent plus qu’aux prochaines régionales. Leur président est entré dans une grosse période de rage folle et de doute, si profonde qu’il va jusqu’au chantage sur le choix obligatoire selon lui de l’article 74. Sans doute pour affoler et pour culpabiliser la population qui ira voter, les 10 et 24 janvier 2010. Encore faudrait-il que les Martiniquais tombent dans cette grotesque comédie ! Cet indépendantiste joue au frustré et à l’homme providentiel pour se maintenir au pouvoir. Ce qu’il n’a pas encore bien analysé, c’est que le mandat consécutif à ces élections régionales ne durera, pour celui qui sera élu, que deux ou trois ans. Il signale clairement sa vraie nature intransigeante, intolérante, son humeur capricieuse. N’oublions pas le doigt menaçant, toujours pointé sur l’interlocuteur.

Les élections de la collectivité nouvelle

Quoi qu’en disent certains, il faudra passer par la consultation, et selon le mode de scrutin, le président qui sera élu en mars 2010 n’est pas certain de l’être pour diriger la nouvelle collectivité, si elle est créée. Souhaitons que ce scrutin soit un scrutin de liste à deux tours. Au moins la démocratie primera. Si jamais la Martinique accède à cette nouvelle collectivité dans l’article 73, il y aura tout de même une certaine instabilité, car l’envie d’évincer celui qui dirigera l’exécutif au pouvoir ne manquera pas. Il sera vite mis à l’épreuve. Il ne faut pas gloser sur cette collectivité dans la mesure où nous ne connaissons pas son mode de fonctionnement, ni les moyens qui lui seront attribués. Si comme l’a dit le chef de l’Etat, les compétences de la Région et du Conseil Général lui étaient dévolues, on peut penser que le même budget global serait maintenu. Je suis cependant sceptique car nous avions entendu cela pour Saint-Martin et l’on a assisté au contraire de ce qui avait été convenu. Mais les paroles n’engagent que ceux qui y croient.

Que se passera t-il si par malheur le chef de l’Etat vidait l’article 73 prévu dans la nouvelle collectivité de sa substance liée au régime de droit commun dont nous jouissons actuellement ? Nous pouvons penser que ce n’est pas un véritable risque, mais rien ne l’empêche de le faire.

Deux références implacables
Le fait que Marie-Luce PENCHARD explique qu’il faudra que la Guyane et la Martinique disent non le 10 janvier et non le 24 janvier, pour que le droit commun soit maintenu jette un doute justifié sur cette consultation. Et par-dessus cette phrase du ministre, le chef de l’Etat rajoute une couche qui pourrait appuyer la thèse de Mme PENCHARD. Comment ? Simplement en disant ce qu’il en résulterait si les populations concernées disaient non le 10 janvier et oui le 24 janvier. Le Président enfonce le clou en disant clairement que dans ce cas du choix de l’article 73 une nouvelle collectivité sera créée. Que devient le droit commun ? Sera-t-il maintenu ? Et la nouvelle collectivité se verra-t-elle attribuer les compétences de la Région et du Conseil Général ?

A mon avis, en m’appuyant sur ce qui existe déjà en matière de statut, le droit commun et le département seront supprimés. C’est le principe même de la consultation de 2003 où le département et le droit commun sautaient. Nous retombons dans une situation identique, laissant l’avenir en suspens. Ce n’est pas très rassurant, ni très respectueux de la part du Président de la République vis-à-vis des populations qui seront consultées.

Voilà pourquoi je persiste et signe pour dire aux populations de la Guyane et de la Martinique qu’il faut voter non le 10 janvier, voter NON le 24 Janvier. Ainsi, nous attendrons, comme les français de métropole, la mise en place d’un seul exécutif en 2014, pour le Conseil Régional et pour le Conseil Général. A ce moment-là, il n’existera plus deux présidents concurrents, les doublons seront évacués, et, espérons-le cette avidité de pouvoir autonome qui commence à devenir du harcèlement, si ce n’est de l’acharnement politicien.

J’insiste sur le fait que Madame Marie-Luce PENCHARD dit qu’il faudra que la Guyane et la Martinique disent NON le 10 janvier et le 24 janvier pour le maintien du droit commun.

Je renvoie toutes les populations de la Guyane et de la Martinique, à la recherche d’un document de preuve incontestable. Ce document provient de la faculté de droit des Antilles et de la Guyane, et concerne la réforme de décentralisation, loi constitutionnelle du 28 mars 2003 analysée par le CRPLC – Centre de recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe (CRPLC – 8053). Il est rédigé par Monsieur Justin Daniel, Directeur du CRPLC constitutionnaliste. Les écrits de ce monsieur font foi et peuvent être considérés comme référence incontournable. (Quoique, en la matière, je trouve ses propos parfois à la limite du tendancieux, pour ne pas dire partisan trop zélé d’une évolution statutaire).

Il précise :
Le maintien du département et de la région : dans ce cas seul s’applique le dispositif de droit commun en matière de décentralisation ainsi que les dispositions particulières en matières d’adaptations prévues à l’article 73 tels qu’ils sont décrits -en l’espèce les propos du chef de l’Etat deviennent plus clairs puisque nos deux collectivités actuelles s’effaceront au profit d’une seule collectivité mais sans le droit commun- Monsieur Justin Daniel dans son document dit exactement la même chose que le ministre, madame Penchard : le droit commun disparaîtra, sauf si les Martiniquais et les Guyanais votent non le 10 janvier et votent non le 24 janvier. Autrement nous ne serons plus dans le même contexte que la France métropolitaine.

A méditer : nous n’avons qu’un seul choix réaliste, dire non aux deux questions et attendre 2014 comme la métropole, pour voir appliquer les mesures du rapport BALLADUR qui préconise de conserver la Région, et le Conseil Général avec un seul exécutif, donc un seul président. Finis les concours entre collectivités, fini également ce harcèlement perpétuel, qui n’a qu’un seul but l’avidité du pouvoir autonome personnel de quelques-uns.

Charles RANO

Charger d'autres écrits dans Elections

12 Commentaires

  1. Charly a dit

    2 janvier, 2010 à 23:22

    Moi j’ai appris beaucoup de choses sur se site, et aussi crasse a Mr Rano il a raison sur toute la ligne; je pense que javel est venu s’instruire se documenter sur Evolution Martinique est après il va sur le site Objectif 74 car sur se site s’est un vrais labyrinthe on ses pas ou on va, s’est pour sa qu’il faut voter NON le 10 et NON le 24 la javel est sur de trouver son chemin

    Répondre

  2. C NOU MEME

    2 janvier, 2010 à 22:43

    LE JAVAEL FAIT QUE DES DEGATS MAIS SACHE QUE SE QUE RANO DIT EST TRES CLAIRE ET TRES VERITE .J AI PU VOIR SUR RFO GUYANE LES JOURNALISTES PARLAIENT DE SON OUVRAGE QU ILS ONT APPRECIES .LES MEDIA MARTINIQUAIS SONT DEJA DANS LEUR CAMPS LA PEUR DU ROI.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Consulter aussi

- VIRASSAMY soutient Sylvia SAITHSOOTHANE

Chère Madame Comme je vous l’avais précisé dans un bref entretien, ma venue sur le canton …