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L’évolution institutionnelle : Question de confiance

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« Va-ton nous obliger à y aller, ou va-ton nous donner envie d’y aller ?  »

Dans ce débat sur le changement de statut, l’expertise semble prendre le pas sur la politique et la vraie question est: que voulons-nous pour notre pays ? Cet imbroglio juridique risque de faire porter notre choix non pas sur l’adhésion a un projet mais sur la confiance que nous aurons dans le porteur du projet. Je veux parler ici de la problématique du leadership. Va-ton nous obliger à y aller, ou va-ton nous donner envie d’y aller ?

En effet nous sommes à mon avis dans la poursuite d’un lent processus de décolonisation dont les diverses formes sont fonction de l’évolution des mentalités de nos gouvernants Français successifs, a pouvoir comprendre que l’histoire a forgé entre nos peuples une communauté de destin qui doit s’enraciner dans le respect de la diversité. Il s’agit de permettre dans un cadre républicain, conjuguer le droit a l’égalité et le droit a la différence. Etre différent et vivre ensemble à égalité de droits.

Le déroulement de ce processus de décolonisation est aussi fonction la capacité  de la classe politique Martiniquaise au pouvoir à identifier le bien commun Martiniquais afin de le défendre sans le confondre avec des intérêts personnels de longévité politique.L’actualité de la semaine dernière à ouvert des interprétations les plus diverses, les plus étroites, les plus manipulables de la doctrine, de la philosophie de ce « bien commun Martiniquais ». Il ne s’agit pas d’une cathédrale, mais d’un patrimoine collectif qu’il faut partager avec tout le monde au seul profit et au seul bénéfice du peuple martiniquais.

Tous les observateurs soulignent la difficulté pour le commun des Martiniquais à se retrouver entre les avantages et les inconvénients du 73 et du 74. Nous savons que le résultat de la consultation quelque soit la ou les questions posées, reflétera cet imbroglio juridique, c’est-à-dire un nouvel échec d’une nouvelle tentative d’évolution institutionnelle. Or la classe politique de gauche semble s’accorder sur le fait qu’il faille l’éviter. Comment ?

Les suffrages se porteront certainement sur celui ou celle qui inspirera confiance. Les résultats de la gestion de telle ou telle collectivité en bon père de famille ne pourront plus être cité en référence. Malheureusement peut être, les bilans affichés ces dernières semaines vont desservir certains candidats.

La confiance reposera sur celui qui garantira une inscription constitutionnelle de la Martinique autonome dans le pacte Républicain Français, qui ne saurait occulter l’attachement des Martiniquais, au maintien de leurs acquis sociaux, au principe d’égalité des droits, et à leur identité collective.

Autrement dit, faire de l’autonomie un seul but, un seul objectif que seul le pouvoir permettra de régler tous les problèmes, c’est créer les conditions d’une stagnation théorique et ouvrir la porte à toutes les formes d’autocratisme éclairé.

L’autonomie n’est pas un gadget institutionnel, c’est une idée essentiellement politique, destinée à répondre à une préoccupation constante : l’auto institution et l’auto transformation de la société dans le sens d’un progrès solidaire et partagé. Cette idée adoptée nous impose une réflexion au fond sur la nature de la synthèse à opérer entre la gestion d’un pays, son développement, et son organisation démocratique.

Car l’autonomie, et c’est essentiel, doit être comprise comme une direction consciente par les hommes eux-mêmes, de leur vie, et au-delà  une direction consciente de leur communauté  de vie, de leur société. C’est cela qui crée la confiance.

 Jean François Lafontaine

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