Accueil Politique Evolution institutionnelle Les vrais-faux adeptes du changement sont favorables à un 74 perdant

Les vrais-faux adeptes du changement sont favorables à un 74 perdant

yves leopold monthieux

Aujourd’hui son remplaçant au conseil général, qui a voté à son tour au Congrès du 18 décembre 2008 en faveur du 74, a, au cours d’un débat organisé sur RFO, exprimé des réserves embarrassées contre l’autonomie. On se retrouve quasiment dans le même cas de figure qu’il y a six ans.

La politique de l’ « à qui perd gagne ».
Dans la campagne qui a commencé en faveur du « 74 », les conseillers généraux du RDM ne se bousculent pas sur les écrans ou aux Etats-généraux. Ils se laissent porter par la politique de l’«à qui perd gagne ». En effet, en pariant sur un 74 perdant, la quasi-totalité des conseillers généraux joue contre la disparition de leur mandat. Le maintien de ce mandat, c’est le maintien du conseil général, c’est la permanence des deux assemblées et la survie des deux collectivités. Bref, les élus du conseil général jouent le 74, mais ils le jouent perdant. Si ces faux « 74 » gagnent ce combat douteux, il sera toujours temps d’affirmer que c’est la faute de la droite, qui a fait peur. A moins que chacun, s’installant dans l’assistanat politique, ne souhaite secrètement l’intervention de la main secourable de
la commission Balladur, qui serait favorable à un scrutin de type cantonal.

La mise en route de la réforme constitutionnelle de mars 2003 n’a pas eu lieu
A la droite serait à nouveau accolée l’expression « statu quo » qui est utilisée pour décrire le maintien, au lendemain du vote, de la situation de
la veille. Après décembre 2003 nous sommes restés au statu quo de la pratique d’avant la réforme constitutionnelle de mars 2003. Cette dernière n’ayant jamais été mise en pratique, il ne pouvait pas y avoir de statu quo
la concernant. Contrairement à une propagande têtue, le Non au referendum n’était donc pas le vote de maintien des dispositions de la décentralisation de 1983, mais celui de la mise en route de celle de 2003. Celle-ci est passée à la trappe, les élus n’en ont pas voulu. Ils ont craint, en cas de succès de la réforme, que la revendication d’autonomie-étape devienne sans objet, laquelle est le véritable objectif des partisans de l’article 74.

Se porter contre le choix des indépendantistes serait-il à ce point tabou ?
Apparemment, le gouvernement ne désespère pas de mettre les élus dans le jeu de l’article 73. En effet, ce 2 juin 2009, en réponse à une question orale du député Alfred Marie-Jeanne, le secrétaire d’Etat Yves Jégo a suggéré au président de la région de proposer au gouvernement une demande d’habilitation, au titre de l’article 73, pour aménager les réseaux d’eau potable et des eaux usées. Ainsi, l’Etat développe un double discours. Ouvert à toutes les perspectives d’évolution, le Président de la république hésite à heurter le désir des élus de voir convoquer les électeurs, sachant que l’échec de cette consultation pourrait être porté à son débit. En revanche, le gouvernement serait chargé de rappeler les élus à leurs devoirs, les inviter à la cohérence et même, pour les collectivités de l’article 74, les appeler à assumer leurs choix. Entre les propos suggestifs du président et les grosses vérités du ministre, l’article 73 pour le ministre et l’article 74 pour le président, c’est l’électeur qui tranchera.

Cependant, une fois de plus, celui-ci serait frustré de ne pas avoir de solution alternative à celle décidée par le congrès. Et que l’assemblée unique unanimement souhaitée par les Martiniquais soit renvoyée aux calendes. La question se pose : exprimer un choix qui ne serait pas celui des indépendantistes, serait-ce à ce point tabou, y compris aux yeux de l’Etat, qu’on ne puisse pas imaginer de poser une double question ?

(meetaw)

Yves-Léopold Monthieux
mardi 2 juin 2009

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