- Article 73 et 74 de la constitution

21 mai 2009

Non classé

 Ce qu’il faut savoir des articles 73 et 74 de la Constitution 

- Article 73 et 74 de la constitution pdf Article 73 et 74 

1 – Article 73 : La Martinique est un département et une région. Mais une assemblée unique peut remplacer les deux assemblées actuelles. Et même, au lieu d’un département et une région, le département ou la région peut cumuler les pouvoirs des 2 collectivités. C’est le cas de Mayotte. Le référendum de décembre 2003 portait sur la disparition du département. Le NON a gagné.

1 – Article 74 : Si l’article 74 l’emporte, le statut sera défini par une loi dite loi organique. L’autonomie est décidée par la loi organique, sans consultation particulière des électeurs. L’autonomie de la Martinique, c’est aussi l’autonomie de la France.

2 – Article 73 : « les lois et règlements s’appliquent de plein droit ». C’est le principe de l’identité et de l’égalité : égalité entre les citoyens français. C’est un droit fondamental, permanent, garanti.

2 – Article 74 : Principe : les pouvoirs et les droits sont négociés après le référendum entre le gouvernement et la collectivité nouvelle. Il n’y a plus de droits garantis, sauf les droits régaliens. Les négociations signifient la mise en œuvre de rapports de forces entre le gouvernement et les représentants de la nouvelle collectivité.

3 – Article 73 : Des adaptations des lois et règlements peuvent être décidées, à sa demande, par et pour le département-région.

  C’est-à-dire améliorer nous-mêmes les lois et règlements qui nous concernent. Ces adaptations n’ont jamais été demandées par les collectivités.

3 – Article 74 : Des adaptations des lois et règlements peuvent être décidées par la collectivité de l’article 74. Ces adaptations existent également avec l’art.73.

4 – Article 73 : Les habilitations permettent d’accorder, à leur demande, des pouvoirs propres au département et à la région. La durée de ces pouvoirs pour un sujet donné est de 2 ans. Ce n’est pas un transfert définitif : on a le droit de changer. Les adaptations n’ont jamais été demandées par les collectivités.

4 – Article 74 : Les transferts : Des pouvoirs sont accordés à la nouvelle collectivité de l’article 74. Ce sont des transferts et non des habilitations. Les transferts sont négociés et accordés une fois pour toutes par une loi organique. On n’a pas de droit à l’erreur.

5 – Article 73 : Les domaines où les habilitations sont exclues : « la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l’état et la capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral ». NB : Ces droits régaliens sont les mêmes exclusions que celles prévues à l’article 74.

5 – Article 74 : Les domaines où les transferts sont exclues :« la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l’état et la capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral ». NB : Ces droits régaliens sont les mêmes exclusions que celles prévues à l’article 73.

6- Article 73 : Amendements. Tout député ou sénateur martiniquais peut proposer des amendements à l’Assemblée nationale et au Sénat dans tous les domaines de la loi, pour l’ensemble national français, donc pour la Martinique.

6 – Article 74 : Le vote d’amendements au parlement ne pourra avoir d’effet pour la Martinique dans les matières qui lui auront été transférées dans le cadre de l’art. 74. Les parlementaires martiniquais ne voteront que pour les autres.

7 – Article 73 : Expérimentations. Toutes les collectivités peuvent procéder à des expérimentations. Leurs populations peuvent toutes exercer le droit de pétition.

7 – Article 74 : Expérimentations. Mêmes possibilités que pour l’article 73. Mais pas plus. Les populations de toutes les collectivités peuvent exercer le droit de pétition. 

Deux positions sont connues  Proposition du Congrès du 18 décembre 2008 :

l’instauration d’un statut d’autonomie ;
une collectivité unique régie par l’article 74 (spécialité législative) ;
une assemblée unique élue à la proportionnelle intégrale ;
élection de l’assemblée au suffrage proportionnel intégral 
Le congrès (MIM, CNCP, MODEMAS, PALIMA, RDM, FSM = 4 indépendantistes + 2 autonomistes) passe d’une proposition dans le cadre de l’article 73, en 2003, à une proposition dans le cadre de l’article 74.

Commentaires des leaders du Congrès :

seule une évolution statutaire peut permettre le développement de la Martinique, notamment par la mise en œuvre de l’agenda 21 et le SMDE.

Propositions de Forces Martiniquaises de Progrès :  Une collectivité unique : le Département ou la Région ;
Compétences : celles du département et de la région (identité législative) ;
Une seule assemblée délibérante : l’Assemblée unique ;
Election de l’assemblée : un mode de scrutin mixte (à déterminer : compétence de la loi). 
Forces martiniquaises de progrès (FMP) passe d’une proposition non retenue en 2003 dans le cadre de l’article 73 (assemblée commune) à une proposition proche toujours dans le cadre de l’article 73.

Commentaires de Forces Martiniquaises de progrès : tout ce qui est possible avec l’article 74 l’est avec l’article 73, sauf l’Autonomie politique. La sécurité donnée par l’article 73 disparaît avec l’article 74. Si la Martinique vote pour l’article 74, un second vote ne sera plus nécessaire pour l’accession à l’autonomie.

NB. Une 3ème position a été émise par le PPM : l’autonomie dans un cadre  différent de celui de l’article 74.

Renseignements recueillis par Yves-Léopold Monthieux

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30 Réponses à “- Article 73 et 74 de la constitution”

  1. cdmt-postes Dit :

    Evolution Institutionnelle ? 73 ou 74 ???

    La Santé : Le 1er de tous les Biens !
    L’un des problèmes des plus importants : le FONCTIONNEMENT DE LA JUSTICE en Martinique comme en Guadeloupe !
    L’application et le respect des accords signés après le 05 Février 2009 avec le Collectif !

    Sur notre site : http://cdmt-postes.wifeo.com

    A DIFFUSER TRES LARGEMENT …

    Répondre

  2. citizen Dit :

    G villin, j’avais déjà répondu à ta question un peu plus tôt, je te l’affirmes et j’attend aussi confirmation de ceux qui s’y connaissent, par exemple Réaliste, la fiscalité et l’impôt ne sont absoluement pas du domaine régalien de l’Etat.
    Voici un extrait de mon commentaire:
    Je ne suis pas constitutionnaliste, mais je n’ai qu’à prendre la constitution française et lire les articles 73-74 afin de lister ces fameuses compétences régalienne de l’Etat :
    - “Ces règles ne peuvent porter sur la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l’état et la capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral”

    A moins d’être aveugle, je ne vois absoluement pas la fiscalité faire partie de cette liste des compétences régalienne de l’Etat, que de mensonges, d’autant plus que Saint Martin nous montre que part la mise en place de sa deuxième loi organique, il va lui être tranférer cette fameuse compétence fiscale dans son INTEGRALITE.
    Cela nous montre jusqu’où les 74zistes peuvent aller dans le mensonge, et le fait que RFO s’est fait le relais de cette désinformation est d’autant plus regréttable et condamnable et se fait le porteur d’un manque de neutralité total.

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  3. G VILLIN Dit :

    aujourd’hui 18/12,j’entends dire sur RFO par un partisan du 74, que l’impot est un domaine régalien de l’état ( c’est la première fois que j’entends cette affirmation dans les débats).
    Est-ce exact ? Si oui ,tant mieux , si non , compte tenu des besoins de financement des collectivités , du contexte économique et de l’idéologie des tenants du 74 , il faut craindre le pire …
    J’aimerai bien etre fixé sur cette question qui n’est pratiquement jamais abordée mais qui à mon sens est tres importante . Quelle est exactement la marge de manoeuvre des ou de la collectivité dans ces domaines ( nature d’impot / assiette /taux ) ?
    Il s’agit tout simplement de notre porte-monnaie.Désolé,je suis sur terre ( martiniquaise ) et les grandes déclamations et envolées commencent à me fatiguer.

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  4. samaritain Dit :

    @ Sina : ton « chat dans le sac » est d’un ridicule… Un peu comme ces « martiniquais » qui ont du mal avec le créole. Cé Chat en sac parole’la; pas « chat dans le sac ».

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  5. Sina Dit :

    1/ Quelle différence y a t-il entre une consultation populaire et un référendum ?
    Le mot « référendum » apparaît dans la constitution française en 1958. Auparavant, il était fait usage d’appellations telles que « consultation » ou « appel au peuple ». Au 21è siècle, on peut faire la distinction entre le référendum qui a un caractère décisionnel, de la consultation qui n’émet qu’un avis. Mais dans la terminologie juridique on utilise aussi bien les expressions « référendum consultatif » que « consultation référendaire », suivant que l’on s’attache à la technique ou à ses conséquences. Pour répondre à la question posée dans le contexte et ne pas faire un cours de droit, il faut préciser que la Constitution parle de « consultation » des populations concernées et non pas de référendum en cas de changement statutaire ou institutionnel.

    2/ Assemblée unique et collectivité unique, est-ce la même chose ?
    La Constitution prévoit le statut de collectivités territoriales créées en application du dernier alinéa de l’article 73. Ce sont des collectivités situées outre-mer et dotées d’une assemblée délibérante unique, substituée au Conseil général et au Conseil régional. L’assemblée unique vient remplacer les assemblées des deux collectivités territoriales existantes, la Région et le Département du cadre départemental.
    Le terme de Collectivité d’outre-mer ou COM, depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 désigne le statut juridique de certains territoires de la République française placés sous le régime de l’article 74 de la Constitution. Ce sont les anciens territoires d’outre-mer (TOM) et des autres collectivités à statut particulier.
    Ces collectivités disposent de compétences étendues, généralement de l’autonomie douanière et fiscale. Chacune d’entre elles dispose d’une organisation spécifique de ses compétences organisée par une loi spéciale dite organique, votée par le Parlement. Elles peuvent laisser des prérogatives importantes aux communes, tel que le prévoit par exemple le projet d’autonomie de la Guyane. En ce sens on ne peut pas dire qu’elle est « unique ».

    3/ Pourquoi la Guadeloupe n’est-elle pas concernée par la consultation ?
    Le Président du Conseil Général a formulé une proposition de méthode basée sur la démocratie participative qui « ambitionne de donner la parole aux citoyens et de faire naître le débat dans chaque commune, dans chaque section, dans chaque quartier, dans chaque foyer », ce qui on le comprend renvoie le projet à plus tard… Le président de la Région Guadeloupe, Victorin LUREL, rappelle qu’en 2003, en Guadeloupe, le rejet du projet de réforme par les électeurs avait été massif. Il précise que, ni l’actuelle majorité régionale, ni l’actuelle majorité départementale n’ont été élues sur un programme de changement institutionnel et statutaire. Estimant que la priorité est de « … traiter concrètement dès aujourd’hui les problématiques de pouvoir d’achat, de logement et d’éducation des Guadeloupéens ainsi que de formuler des réponses à la crise qui menace l’économie… », Victorin LUREL réaffirme que la question institutionnelle n’est cependant pas morte et qu’il conviendra de la relancer « le moment venu », mais il estime nécessaire de déconnecter cette question du calendrier électoral, c’est-à-dire ne pas lancer un nouveau processus qui chevauchera les prochaines élections régionales.

    4/ Y a t il plusieurs degrés d’autonomie dans l’article 74 ?
    L’autonomie constitutionnelle veut dire que la collectivité qui en dispose peut exercer un recours constitutionnel quand ses prérogatives sont empiétées par la tutelle étatique, quand elle a fait le choix d’une maitrise de son foncier et de protéger l’emploi local. Les compétences peuvent être choisies de façon sélective et leur application différée dans le temps. Ce sont ces modalités souples d’application qui permettent de dire qu’il y a « plusieurs degrés d’autonomie » dans l’article 74.
    D’où la formule employée par le Chef de l’Etat de « Juste degré d’autonomie ».
    Ou des termes de la Constitution, s’agissant de l’autonomie de l’article 74 : « Les Collectivités d’Outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d’elle au sein de la République ». Cela implique bien des degrés différents d’autonomie selon la conception que l’on se fait de ses « intérêts propres. »

    : 5/ Quelles sont les collectivités actuellement régies par le 74 et les territoires qui disposent actuellement d’une collectivité unique ?
    La France compte actuellement plusieurs collectivités d’outre-mer au sens de l’article 74 de la Constitution, Mayotte ayant opté pour réintégrer le champ d’application de l’article 73 de la Constitution :
    La Polynésie française est qualifiée de « pays d’outre-mer » et dispose d’une autonomie très poussée
    St Pierre-et-Miquelon, qui a changé quatre fois de statut en trente ans, sans oublier la Polynésie qui porte le nom de « Pays d’outre-mer.
    Saint-Barthélemy et Saint-Martin, proches de nous géographiquement, mais totalement différentes, parce qu’issues de communes de la Guadeloupe. Ce sont deux COM, au titre de ce même article 74 depuis une loi organique adoptée en 2007, totalement appliquée depuis juillet 2008, suite aux consultations du 7 décembre 2003. Ces deux collectivités exercent les compétences des communes, des départements et des régions, par le biais d’une collectivité unique, appelée « conseil territorial », et élue pour 5 ans. Les deux COM disposent de leur autonomie fiscale. A noter que des difficultés sont apparues pour l’une d’entre elles, (Saint Martin la moins prospère économiquement), du fait qu’elle était à l’origine une collectivité qui n’avait pas de ressources propres, de politiques publiques relevant de sa compétence communale, parce qu’elle dépendait de la Guadeloupe. Le passage à la COM a donc laissé un vide structurel et budgétaire, la Guadeloupe n’étant plus là, pour satisfaire les besoins des populations dont la responsabilité relevait de la Région ou du Conseil général. Mais pour l’unanimité des élus, en dépit de ce qui a été des erreurs de « jeunesse », ce choix n’est pas remis en cause. Ces errements ne sont pas concevables pour le passage d’un département au statut de Collectivité d’outre-mer, du fait de l’existence de politiques publiques, de services administratifs, d’affectations budgétaires dont le continuum est assuré, sinon garanti par la Constitution, le maintien au sein de la République.

    Wallis-et-Futuna, située dans le Pacifique est la Collectivité la plus « originale » : elle ne connait pas d’échelon communal, et y existent deux « royaumes » de droit coutumier au statut très particulier au sein de la République française puisque détenant des compétences dans certains secteurs de la vie publique.

    6/ Si le Non l’emporte le 10 janvier et également le 24 janvier, que se passe t-il ?

    Il faudra attendre patiemment la mise en place des dispositions qui seront tirées de la réforme proposée par le comité Balladur. L’instauration, dans les départements et régions d’outre-mer d’une assemblée unique ; à compter de 2014, d’autres intercommunalités peuvent apparaître… pouvant ensuite, sur la base du volontariat, accéder à ce statut. La confirmation de la clause de compétence générale au niveau communal (métropoles, groupements intercommunaux et communes) : ce qui veut dire pour nous la création d’autres « chefferies » qui viendront épaissir le mille-feuilles institutionnel… Si on n’y prend pas garde !
    Mais rassurons-nous le chef de l’Etat a solennellement dit que le statu quo n’est pas envisageable compte tenu de la dégradation de la situation de ce pays.

    7/ Le 24 janvier si le Oui l’emporte, pour mettre en place en place la nouvelle collectivité, il faudra voter une loi organique. Quel sera son contenu ?

    C’est le « chat dans le sac », plus gros que celui de 2003, parce que là, la question était claire : une assemblée unique dans le cadre de l’identité législative et départementale. Actuellement, c’est l’assemblée unique avec comme toile de fonds la volonté du chef de l’Etat de refuser le statu quo, sans que l’on sache ce qui ira avec…
    On peut seulement imaginer, sans dramatiser outre mesure que Nicolas Sarkozy, tirant la leçon des événements de février 2009 (et si les suffrages autonomistes sont relativement substantiels), réintroduira le « juste degré d’autonomie » dont la Martinique a besoin pour être responsable de son développement économique et social.
    On peut toutefois faire remarquer que l’étrangeté de la situation est que cette donne ne gène guère ceux qui suggèrent de ne pas voter l’article 74 compte tenu de l’inconnu que constitue la loi organique qui sera votée ultérieurement, sans s’inquiéter de cette loi organique, toute aussi indispensable pour l’assemblée unique version 73 qui cependant n’inquiète personne. Et là, on se trouvera exactement dans la configuration de 2003 ou certains ont poussé des cris d’orfraie en évoquant le danger de cette loi organique, de ce « chat dans le sac ! »
    La nouvelle loi organique, version 73, devra modifier la durée des habilitations et expérimentations (actuellement de deux ans) pour que le système ait du sens.

    8/ Les propositions du congrès des élus peuvent-elles être prises en compte par une collectivité unique dans le cadre de l’article 73 ?
    La seule restriction du Chef de l’Etat sera « politique », c’est-à-dire ne pas donner aux élus du Congrès toutes les compétences qu’ils ont demandées et pour une durée trop longue pour ne pas paraître céder et désavouer ses troupes locales. Mais il y a fort lieu de penser que les compétences les plus larges, pour une période plus longue que deux ans comme le prévoit la loi organique actuellement en vigueur seront accordées. Sinon le système ne fonctionnera pas. Et on ne voit pas ce qui peut empêcher le chef de l’Etat de pousser un projet en ce sens. Il a en tous les cas la majorité pour ce faire.

    9/ Si le 74 passe, est-ce que l’adhésion à l’Union Européenne reste automatique en tant que Région Ultra Périphérique (RUP) ou risque-t-il d’y avoir une révision du statut de la Martinique qui pourrait passer de RUP à TOM ?
    Après un moment d’indécision, la Commission Européenne a formellement reconnu le statut de RUP à Saint Martin et Saint Barthélémy, qui pouvaient poser problème parce que ce sont des communes qui ont opté pour le choix d’être des collectivités autonomes et elles n’existaient pas jusque-là, à l’échelle de l’Europe. L’Europe se préoccupe d’autant moins de ces changements qui tendent à accorder une certaine autonomie aux régions européennes, qu’elle a, elle-même par une charte incitatrice demandé aux Etats membres d’accorder plus de responsabilités, plus d’autonomie à leurs territoires, surtout périphériques.

    10/ Si le 74 passe, un retour en arrière est il encore possible ?
    Par le même processus : le Congrès, la consultation populaire et une nouvelle loi organique votée par le Parlement. Cela a été le cas de St Pierre et Miquelon, qui a changé de statut quatre fois en trente ans.
    C’est la raison pour laquelle il ne faut pas considérer le changement de statut comme un processus définitif et inéluctable. C’est le propre de tous les Etats dépendants de métropoles, dans la Caraïbe d’avoir recherché le statut le plus adapté à son développement économique. Tel est le cas par exemple du Royaume néerlandais.

    11/ Si le 74 passe, y aura-t-il toujours des parlementaires Martiniquais ?
    Les Collectivités d’Outre-mer font pleinement partie du territoire de la République française, et des compétences exclusives de l’État français s’y appliquent, notamment en matière de défense, de sécurité, de citoyenneté et de nationalité, de Constitution, mais aussi en matière législative via le Parlement : chaque COM dispose d’une représentation élue à la fois à l’Assemblée nationale et au Sénat, même si les lois votées au Parlement et promulguées ne s’y appliquent pas obligatoirement. De plus la pleine citoyenneté française leur permet de participer aux autres élections nationales comme celle du Président de la République ou un référendum national.
    Les dispositions constitutionnelles ne changent rien d’autre que l’octroi de responsabilités à la Collectivité à venir. Ce n’est qu’une simple répartition fonctionnelle et rationnelle que d’aucuns « dramatisent » pour des raisons purement politiciennes. Et c’est dommage !
    Saint-Martin et Saint-Barthélemy à côté de nous ont leur représentation parlementaire.

    12/ Si le 74 passe, quelles sont les domaines dans lesquels rien ne va changer ?
    Les compétences régaliennes, la diplomatie, la justice, la Constitution par exemple. Les prérogatives de l’Etat en matière de défense, de sécurité, de citoyenneté et de nationalité. Et aussi le social qui reste compétence de l’Etat. Sans omettre tout le droit des personnes, des libertés publiques… Du jour au lendemain le soleil ne va pas se lever à l’ouest et les alizés venir du nord. L’appartenance à la France, à l’Europe reste intangible. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains partis de gauche, le GRS, Combat ouvrier (ou ce qui en reste) le PKLS indiquent que ce changement ne « change rien » en réalité.

    13/ Si le 74 passe, qu’est-ce-que ça va changer dans les impôts ?
    Aux impôts locaux qui relèvent déjà des collectivités locales, va s’ajouter la compétence fiscale générale que la Collectivité pourra utiliser comme outil de développement. Et dans ce cadre il n’est pas inéluctable de voir les impôts augmenter. La Région par exemple n’a pas augmenté d’un point la pression fiscale des contribuables martiniquais en 12 ans. Ce peut-être une répartition différente, de l’impôt, des modalités qui favorisent le développement endogène. L’impôt n’est pas qu’une modalité de collecte budgétaire, mais peut être un levier de développement.

    14/ Si le 74 passe, y aura-t-il le même système de sécurité sociale ? Il y aura-t-il le même système d’assurance chômage ? Le RMI sera-t-il toujours en vigueur ?
    La collectivité n’aura pas la compétence sociale, ce secteur fait partie des compétences partagées avec l’Etat, car le coût du social est un paramètre économique qui influe sur l’emploi et que des discussions, des ajustements peuvent être rendus nécessaires pour la sauvegarde économique. Le système social qui est le fruit des luttes des travailleurs restera inchangé, car les forces politiques qui prônent l’autonomie sont constituées des travailleurs de ce pays. Les élus ont simplement sollicité un « droit de regard » sur ce pan important du fonctionnement de la collectivité, du coût du travail par exemple.

    15/ Si une collectivité unique remporte les suffrages, quand et comment sera-t-elle composée et quelle sera la fréquence de son renouvellement ?
    Le cadre des élections est une circonscription unique sur la base d’un scrutin de liste à la proportionnelle à 2 tours avec une prime majoritaire de 4 sièges, d’un seuil d’accès à la répartition de sièges de 5% des suffrages exprimées, et de l’obligation de placer, dans les 10 premiers de la liste, deux représentants a minima de chaque circonscription législative existante. La collectivité Martinique sera dotée :
    -Du Conseil Territorial. Les membres de l’assemblée délibérante unique seront élus dans de 75 membres au total, prime majoritaire comprise, élus pour 6 ans. -D’un Conseil exécutif distinct de l’assemblée. L’organe exécutif de la Collectivité de Martinique. Il est composé de sept (7) à treize (13) membres élus au sein du Conseil Territorial, au scrutin de liste majoritaire à trois (3) tours (majorité homogène).
    – Du Président du Conseil Territorial: Les conseillers Territoriaux procèdent à l’élection de leur Président au scrutin majoritaire à trois (3) tours. La liste majoritaire désignant le président de ce Conseil.

    De la commission permanente. Elle est composée de 15 à 21 membres élus au scrutin de liste à la représentation proportionnelle sans panachage ni vote préférentiel.
    Des commissions sectorielles. Des commissions d’études ou commissions sectorielles peuvent être créées au sein du conseil territorial. Elles sont chargées à la demande du Président du Conseil Territorial de donner des avis sur les affaires soumises à la décision du Conseil. La Commission d’Appel d’Offres (CAO présidée par le Président du conseil exécutif ou son représentant sera mise en place dans le respect des règles du code des marchés publics.

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  6. titice Dit :

    vous avez pas fait assez de politoque pourexpliquer au peuple martiniquais le 73 vous ârlé trop du 74

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  7. Sully Cally Dit :

    bonjour
    Je suis bien intégré dans la Martinique profonde, là ù la population vie modestement entre la vie agricole, attendant la prochaine lune pour planter et récolter quelques produits issues de cette terre dont les ançêtres ont sués eau et sang pour survivre.
    Cette population ne comprend pas la démarche du 73 ou 74 ils sont loin de tout cela, confronté à une très mauvaise communication de part et d’autre à l’aube d’une période festive qu’est la noël. Puisque nous savons tous que l’échéance est prévue pour le 10 janvier.
    La Martinique est pays torsadé qui souffre du cancer de l’histoire; mais de son histoire
    Il faut un changement! mais dans quelle condition et avec quel clannnnnnnnn!
    Le carnaval est prévu à la fin du mois de février
    Notre papa diab est un dieu en Afrique et une banalite qui fait peur dans notre carnaval ( selon aimé Césaire)
    Pourtant il faut un changement!

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  8. jojo Dit :

    Article bien rédigé , bien expliqué , assez clair .

    Dommage que le discours ne soit pas neutre … On voit bien que cet article met en valeur le 73 .
    Comme dit PPR , on attend pas votre avis sur le sujet …

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  9. C NOU MEME Dit :

    si c pour gouverner la martinique comme le maire de st anne vaut mieux rester dans le 73 ses hommes politique agés n ont plus de sens envers les electeurs ils sont usés et deviennent debiles

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  10. bidonot Dit :

    ce n’est pas l’article qui compte,mais le choix de nos politiciens.regardons vers les projets réunionnais qui sont ambitieux et porteurs d’avenir
    tout en impliquant notre jeunesse au niveau economique pour eviter un chomage endemique.la reforme satkozy avec des délégués territotiaux va changer la donne en 2014.en attendant une assemblée unique serait la bienvenue.

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